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Colloques du Bicentenaire

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Colloque 

bi-centenaire

à

Clermont-Ferrand

 

Le colloque du 11  décembre  2004

Le président du XXeme secteur du Suprême Conseil du REAA-GODF

Vous invite au colloque :

"LE RITE ÉCOSSAIS ANCIEN ACCEPTE

ET

LE CONCORDAT DE 1804"

Organisé le 11 décembre 2004 à 8h30

au temple du G.O.D.F.

7, rue Villiet

CLERMONT-FERRAND

Parking à proximité

Place des Salins

La présente invitation sera demandée à l’entrée du colloque

Entrée du colloque.

Ce colloque est ouvert à tous les membres réguliers de toutes les obédiences maçonniques.

Le carton d'invitation ci-dessus sera demandé à l'entrée du colloque.

Programme

8 h 30 Accueil des participants

9 h Ouverture du colloque par Christian BEUSELINCK  Président du XXeme secteur

9 h 15 Interventions de représentants d’ Ateliers Supérieurs. Un débat suivra chaque intervention.

10 h Fabien CONORD Historien  "Une réconciliation sous la contrainte : La Franc-maçonnerie Française en 1804"

10 h 45 Pause

11 h Yves HIVERT-MESSECA Historien "Le Rite Écossais Ancien Accepté et le concordat"

12 h 15 Alain de KEGHEL Diplomate, Souverain Grand Commandeur REAA - GODF  "Le REAA, facteur de dialogue maçonnique international."

13 h Fin du colloque

Buffet apéritif offert sur place à l’issue du colloque.

 

Qu’est-ce que le Rite Écossais Ancien Accepté ? Depuis 1804, au sein du Grand Orient de France, le REAA se développe.
 
Dans la continuité du grade de Maître, des Francs-maçons poursuivent une recherche commencée dans les loges symboliques.
Ce mouvement est appelé l'Ecossisme dont la principale caractéristique est une
progression par étapes. On parle de maçonnerie de perfection. Les Hauts
Grades se greffent sur la maîtrise, la prolongent et l'éclairent et ce, quel que soit
le rituel pratiqué au troisième degré.

Le Rite Écossais Ancien Accepté, REAA, est le rite le plus largement pratiqué dans le monde. Il est un facteur de dialogue y compris avec des courants maçonniques de traditions différentes de celles du Grand Orient de France. Le Suprême Conseil a conscience par son système des Hauts Grades d'apporter sa contribution initiatique et philosophique originale au rayonnement international de l'obédience.

Ce colloque à Clermont-Ferrand s'inscrit parmi plusieurs rencontres organisées en France dans le cadre de l'année commémorant le bicentenaire de l'arrivée du Rite Écossais Ancien Accepté en France.

Les actes de ce colloque seront disponibles sur inscription lors du Colloque.

                             Colloque du Bicentenaire du Suprême Conseil du R\E\A\A\
                                             Clermont-Ferrand, le 11 décembre 2004
Allocution du T\P\S\G\C\
                                                                     (Final )

 

           La maçonnerie universelle au tournant du XXIème siècle :
Ecossisme, mondialisation et principes maçonniques universels
Alors que nous commémorons à Clermont-Ferrand  le bicentenaire de la création du Suprême Conseil du REAA et des ses liens consubstantiels avec le GODF, nous nous remémorons aussi cette vocation universelle du rite qu i a été rappelée tout au long des dix précédents colloques. J’ai souhaité revenir au principe fondateur de la Franc-maçonnerie universelle pour partager avec vous une vision écossaise dynamique de l’universalisme. Les Constitutions d’Anderson énoncent, en effet, une ambition forte et qui demeure aujourd’hui encore une belle et noble utopie restant à mettre en oeuvre. Peut-être même la principale à surmonter : « nouer une amitié sincère entre personnes qui n’auraient pu que rester perpétuellement étrangères » afin de « former le centre de l’ Union ».
 
Il faut pourtant se rendre à l’évidence : l’universalisme de l’idéal maçonnique est malmené. Il l’est trop souvent dans nos rangs, entre rites, il l’est encore plus au plan mondial. Il est mis à mal par les exclusions et les anathèmes dus aux fabricants d’incompatibilités qui y trouvent leur intérêt, qu’ils soient d’un côté ou de l’autre, pour emprunter une formule à Philippe Sollers. Nous sommes donc en cette année de bicentenaire du rite toujours et plus que jamais en quête de Lumière et de Sagesse, Où est donc la pierre philosophale, pierre angulaire du Temple maçonnique ?  Nous sommes toujours à la recherche du « Centre de l’Union ».
Si nous ne considérons  aucune vérité comme acquise,  la démarche maçonnique consiste aussi essentiellement à s’élever pour se détacher des contingences dogmatiques. Or  que constatons-nous ? Les Francs-maçons sont des hommes et des femmes comme les autres, à cette différence près qu’ils aspirent, avec des succès inégaux,  à se  distinguer en restant en éveil et en refusant, disent-ils, les dogmes.   Et de proclamer l’universalisme de leurs idéaux. En réalité la FM n’a pratiquement jamais existé sous la forme d’un corps unique. Elle est par définition plurielle. Alors comment concilier cela avec l’affirmation d’universalisme ?
 
 Née en Angleterre, elle y a été fécondée par l’esprit de ses fondateurs et de l’esprit de leur temps  où se constitue à Londres, dès 1717, la première Grande Loge. Elle va essaimer sur le continent, puis dans le vaste monde. Mais dès le début des années 1750 des Maçons, essentiellement irlandais, vont déjà se poser en « traditionalistes » supposés mieux respecter les anciens usages – ceux des Anciens devoirs relatant l’ histoire mythique du Métier ou Craft, avec ses codes professionnels et moraux. C’est ainsi que naît déjà ce que certains ont qualifié  du premier schisme maçonnique. Formulation qui,  acceptait a contrario qu’il puisse y avoir eu dès les origines une doctrine orthodoxe unique. Une  nouvelle Grande Loge, concurrente de la première, se réclamait donc soudainement des Anciens et allait donner  l’appellation de Modernes aux fondateurs de la GL de Londres. Le schisme durera jusqu’en 1813 avant  que  l’Union ne s’opère Angleterre, après avoir  exporté les querelles doctrinales  en Amérique notamment. Les effets en perdurent.
 
Ces étapes  fondent encore de nos jours l’impérialisme d’une puissance maçonnique dont le propos n’est pas ici de contester la régularité, ni l’antériorité, ni même sa conception de la Franc-maçonnerie, mais simplement d’éclairer ses pratiques. Sa politique s’accompagne du pragmatisme  britannique que chacun connaît. Elle édicte certes en 1929 les canons de sa doctrine en matière de régularité maçonnique, mais son « excommunication » frappe le plus souvent de jure, mais non de facto, et pour cause, les obédiences rétives. Que signifie pour un esprit empreint de confucianisme ou baignant dans le bassin hindouiste un GADLU réduit à un Dieu révélé ? On aurait  bien du mal à y retrouver  quelque trace d’universalisme et on se situe dans un univers mental réduit à l’espace géopolitique et intellectuel comme spirituel judéo-chrétien restreint à celui des puissances alors dominantes dans le monde.
 Plus tard la référence rendue facultative au GADLU, d’ abord en Belgique, puis au Grand Orient de France en 1877, avant de s’étendre à un plus vaste ensemble d’entités maçonniques libérales, interdira à son tour les relations entre ces dernières et la GLUA ainsi qu’avec la nébuleuse des Grandes Loges s’affirmant régulières, dont celles, européennes, ayant signé la Convention de Luxembourg de 1954. Ce texte réaffirmait, vous le savez, l’intransigeante interprétation restrictive des Landmarks énoncés par la GLUA en 1929. Déjà Albert Pike, Grand Commandeur du Suprême Conseil du REAA de la Juridiction Sud des Etats-Unis, avait constitué un corpus maçonnique  dans son célèbre ouvrage de référence intitulé « Morals and Dogmas », somme considérable de connaissances compilées, mais aussi d’affirmations dogmatiques assez peu universalistes. Une culture hégémonique maçonnique émergeait ainsi à son tour au niveau des hauts grades.  Un phénomène plutôt paradoxal dans l’un et l’autre cas pour des anglo-saxons dont la tradition juridique se fonde sur le droit commun. En la circonstance ils éprouvaient  le besoin de codifier pour établir une règle de régularité unique et exclusive servant leur cause. Donc règle paradoxale  ayant vocation, dans leur esprit, à devenir universelle, alors même qu’elle portait atteinte à l’universalisme de l’ordre.
 
En face, nous sommes en présence d’une autre nébuleuse maçonnique, la notre, qui se réclame, tout autant légitimement, de régularité et qui s’affirme libérale ou adogmatqiue. Ce courant s’est distingué dans un premier élan d’émancipation véritablement structuré, par la création en janvier 1961 dans l’appel de Strasbourg, d’une instance réunissant onze puissances maçonniques prenant le nom de CLIPSAS.  Se reconnaissant dans cet Appel, elles énonçaient en particulier  qu’ ’il est impérieux de rétablir entre tous les FM la chaîne d’ union rompue par de regrettables exclusives contraires aux principes des Constitutions d’ Anderson de 1723 et que placer les travaux sous l’ invocation du GADLU et d’ exiger qu’ une des trois Lumières soit le livre sacré d’ une religion révélée doit être laissé à l’ appréciation de chaque Loge et de chaque obédience.
 
Je suis de ceux qui ont dénoncé lorsque j’étais Délégué au Convent et qui déplorent toujours que des considérations conjoncturelles, aient pu conduire  à l’abandon de cette démarche par plusieurs des principales obédiences qui avaient pourtant porté ce projet. Je n’en dirai pas plus aujourd’hui, sinon qu’il en est résulté un vide particulièrement déstabilisant pour les petites ou jeunes obédiences émergentes, notamment en Afrique et que nous avons assez vite assisté à un basculement massif des Maçons africains et latino-américains vers la FM  dogmatique. Paradoxe flagrant et absence de vision certainement. Au moment où nous allons commémorer les lois républicaines de 1905 avec tout ce qu’elles ont apporté, je dirai dans la ville de notre F. : Blatin auquel je rends hommage, qu’il est temps de renoncer à la langue de bois maçonnique et d’avoir le courage de dresser avec lucidité le bilan contrasté de ce que nous avons fait et de ce que nous eussions pu mieux faire pour servir nos idéaux et l’universalité maçonnique.
Mais rien ne sert de se frapper trois fois la poitrine. Ce n’est d’ailleurs point dans nos rituels…Ce qui importe, c’est notre lucidité face aux enjeux d’aujourd’hui et de demain, face aux évolutions qui se préparent et qui s’opèrent déjà sous nos yeux. . Nous devons notamment méditer les raisons profondes d’une désaffection dont souffre aujourd’hui la FM à l’échelle universelle. Nous devons réfléchir tous ensemble à ce qui  conduira au sursaut. Un sursaut universel essentiel pour porter les valeurs  qu’il nous faut promouvoir  dans une société naturellement portée à l’égoïsme.  Pour autant gardons-nous du vertige et de la tentation d’être des évangélisateurs maçonniques des temps modernes.
 
Ce que je veux dire par là, c’est que nous devons réfléchir, raisonner et agir dans le respect fraternel des options différentes des autres, comme nous en donnons l’exemple par nos attitudes au sein même de l’ensemble des structures du GODF et de ses Ateliers capitulaires – et non de soi-disant « perfectionnement »  comme certaines dérives sémantiques conduisent certains à les requalifier pour gommer les « hauts grades » –  donc de divers rites capitulaires ou des hauts grades donc, depuis que nous nous sommes accordés au prix d’efforts opiniâtres sur des codes de déontologie maçonnique et des règles de visites. Nous n’avons certes pas non plus en ce domaine de leçons à donner. Mais  ce n’est que par nos comportements exemplaires et par nos postures asseyant notre autorité morale que nous pouvons contribuer au rayonnement fort de notre ordre. L’art déclamatoire ne suffira pas. A fortiori s’il est pris en défaut. La rectitude intellectuelle et morale n’est-elle pas une des règles fondamentales de notre Ordre ?  L’excellence comme but, la Perfection comme objectif tels sont déjà depuis Etienne Morin nos points de mire. Pour cela il nous faut surmonter d’abord les conceptions étriquées des chapelles  et avoir la capacité, la curiosité intellectuelle, le goût de la découverte, le respect  de l’autre et de sa différence. Une découverte et une rencontre, c'est-à-dire un dialogue qui aille au-delà de la simple tolérance pour comprendre et échanger, alors que trop souvent encore nous entendons parler de démarches sournoises, de dissimulations, indignes de notre ordre et des hautes valeurs morales dont nous avons fait serment d’être les vecteurs. C’est à chacun d’entre nous qu’il revient individuellement de s’approprier et de cultiver les vertus maçonniques, sans concession aucune. Que chacun consulte sa conscience.
 
Nous y sommes également engagés au plan international. En effet, il ne serait de l’intérêt d’aucun Maçon d’aucune Juridiction, ni obédience de se réjouir d’un naufrage.  Or  en  ce début de 21ème siècle,  les perspectives d’avenir de la FM universelle sont incertaines. La GLUA enregistre un déclin qui s’est traduit par une régression d’environ 250.000 membres entre 1950 et 2000.  Ses prévisions actuelles projettent pour les dix prochaines années une baisse de 4% par an des initiations. Les créations de Loges ont chuté de 33% depuis 1990 et de 7% pour la seule année 2000. Cette Obédience maintient pourtant imperturbablement sa posture impériale et affirme toujours aussi fort son droit à dire un droit « canon » maçonnique universel. Mais nous croyons percevoir aussi à Londres une certaine curiosité face à la spécificité maçonnique française.
 
Aux Etats-Unis, les effectifs après avoir atteint un pic de plus de 4 millions de FF vers 1955, ne cessent de décroître régulièrement depuis lors avec une courbe descendante spectaculaire. Il  y a aujourd’hui moins de 2 millions de Maçons américains. La pyramide des ages est également un paramètre inquiétant, même si un redressement semble s’amorce grâce au sursaut de jeunes Maçons qui d’ailleurs regardent timidement aussi parfois vers nous.
 
Fait-il rechercher les racines de ce mal en Maçonnerie ? Y a-t-il une évolution de la société civile qui façonne l’homme nouveau et qui rend la démarche maçonnique superfétatoire ou obsolète ? Les sollicitations sociales, les exigences et la pression professionnelle, la place et le rôle de la femme, de l’épouse aussi, sont-ils autant de facteurs influant sur cette évolution ? Sans doute y a-t-il cumul des effets.
 Cette évolution est encore plus marquée en Allemagne où l’Ordre ne s’est jamais véritablement remis des traumatismes du nazisme comme, en ex-RDA, de l’accumulation nazisme plus communisme, ni en Espagne du Franquisme. Mais alors, pourquoi l’espace  francophone ferait-il exception ? En Belgique comme en France la F\M\ attire beaucoup de jeunes, même si l’age moyen des initiés est passé à quarante ans. Le 275° anniversaire de la Maçonnerie Française en 2003 a porté témoignage de cette « exception maçonnique française ». Mais il faut se rendre aussi à l’évidence que l’Angleterre arrive encore en tête, très largement en Europe, avec un total de 310.000 Maçons. La France n’est en Europe, avec 120.000 Maçons, qu’en seconde position et enregistre un accroissement constant, tandis que, comme en Belgique la densité maçonnique mesurée à la population ne dépasse pas 0,20%. Tous ces chiffres doivent donc être analysés à partir de nombreux paramètres comme l’a déjà suggéré notre F\ Ludovic Marcos. Il  en propose un certain nombre : la dynamique des obédiences, leur rôle dans la cité, la pyramide des ages des adhérents, le taux d’assiduité aux Tenues, le rayonnement extérieur. J’y ajouterai pour ma part le projet maçonnique qui est essentiel et qui ne peut être dissocié d’une démarche initiatique sérieusement conduite et appelant l’adhésion. C’est très clairement l’ambition de notre rite et de notre Suprême Conseil.
 
Au-delà des différences doctrinales, nous ne pouvons raisonnablement éprouver un sentiment freudien de « Schadenfreude » qui relèverait de l’ auto flagellation. En pleine ère de mondialisation, comment un FM sincère pourrait-il raisonner  avec un tel aveuglement sectaire ? Certains regretteront   cette mondialisation qui s’opère sous l’effet d’une accélération des techniques de communication, mais aussi de gestion des moyens financiers et de production. Nous avons assisté à la disparition d’un monde bipolaire, depuis 1989 avec la chute du mur de Berlin. Il a laissé le champ libre aux tentations hégémoniques d’une seule superpuissance dans un monde dont elle croit obstinément pouvoir ignorer le caractère inévitablement multipolaire. Nous en voyons les excès et les effets les plus tragiques depuis le 11 septembre 2001.
 
L’ « Axe du Mal » de George W. Bush,  la réminiscence de « l’empire du mal », la référence reaganienne à l’ « Empire du Mal » soviétique de l’époque de la guerre froide font  un retour inquiétant comme l’est aussi le recours  à la guerre sémantique agrémentée de références bibliques.  Ne serait-il pas plus sage de dialoguer et de combattre le mal à ses racines, que sont la misère et le désespoir humain, ( 800 millions d’êtres humains souffrent aujourd’hui de malnutrition ) plutôt que d’opter pour l’isolement et la violence du plus fort conduisant, comme nous le voyons aussi du  Cachemire au  Proche –Orient en passant par l’Irak, à une radicalisation toujours plus grande dont rien de bon ne peut sortir ? Ne serait-il pas plus sage de partager les fruits de la prospérité, comme en donne l’ exemple l’ Europe, certes trop modestement , mais tout de même, plutôt que de rechercher des solutions militaires ? L’ Union européenne avec ses Etats membres est  un gros fournisseur d’ aide au développement avec 55% de l’ aide internationale globale et deux tiers des subventions. Mais il est vrai que consacrer 0,32 % de notre PIB à l’aide aux PVD n’autorise guère à pavoiser. Néanmoins, cela est aussi une contribution à la sécurité internationale et vaut bien l’ effort d’ armement américain. Et il est bon de savoir que les Etats-Unis, pays le plus riche de la planète,  ne consacrent jamais que 0,11% du PIB à l’aide au Tiers Monde. Est-ce cela l’universalisme ? Pouvons-nous, nous Maçons nous en satisfaire ?
 En élargissant le spectre de la réflexion nous souhaitons considérer la place et le rôle modérateur et tolérant de la FM et de notre REAA dans cette société contemporaine mondialisée. N’est-il pas paradoxal qu’ au moment où la société civile est en pleine mondialisation et donc qu’ elle se rapproche de l’ objectif d’universalité, objectif que la FM s’ est toujours assignée dans sa démarche philosophique, philanthropique et humaniste, notre Ordre reste plus que jamais en marge du débat notamment en raison de ses divisions et des exclusions qu’ il s’ impose. N’ est-ce pas manquer aux principes énoncés par les Constitutions d’Anderson ? Notre bicentenaire du REAA qui s’achève ici nous conduit à placer notre rite Ecossais Ancien Accepté face à ces défis, face à un héritage qui vaut obligation à regarder vers l’autre, toujours plus loin, toujours plus haut.
 
S’ arrêter à ce constat ne suffit pas. Nous devons donc nous atteler à réunir ce qui est épars. Cela passe  bien sûr par un engagement fort des forces vives de notre Ordre et de notre rite. C’est à dire de chacun, de chacune d’ entre nous.  La diplomatie maçonnique  relève certes de la relation entre puissances maçonniques . Les Maçons, rarement confrontés à la rencontre avec les FF d’ autres espaces géographiques, linguistiques et culturels, se préoccupent  généralement peu de ce dialogue maçonnique universel qui ne les concerne en apparence que de très loin. Pourtant, ne nous y trompons pas ! Tout ceci change et est amené à bouger. Mondialisation oblige justement. Du même coup se poseront aussi en d’autres termes les questions qui fâchent : régularité, reconnaissance, juridiction territoriale exclusive, multi-appartenances, droits de visite…et pourquoi pas les fameux Landmarks de 1929. En fait nous y sommes déjà. Un dialogue maçonnique informel       s’ est amorcé au niveau international, essentiellement grâce aux contacts noués entre Juridictions écossaises, moins pour trouver des solutions immédiates ,  que pour les envisager sous leurs angles maçonniques historique et de la recherche,  dans le respect de chacune d’ entre - elles. Il ne s’ agit donc nullement de poser des préalables illusoires de droits de visite réciproques. Ce serait d’ ailleurs d’ un intérêt limité lorsqu’ on connaît l’ abîme qui sépare les pratiques maçonniques . Mais nous devons ensemble prendre  la mesure de la force du message d’espoir, de progrès et d’avenir que nous sommes capables de porter, comme des défis qu’ensemble nous pouvons contribuer à relever.
 
De même qu’ il y a eu une dérive des continents, il y a eu celle des obédiences et des juridictions. Les mouvements des plaques techtoniques font toujours plus s’écarter les continents. Il  serait  irréaliste d’ espérer faire se rejoindre dans un unanimisme béat les Maçons de toutes origines. Mais nous partageons  bien le même patrimoine originel et avons  vocation à œuvrer à l’ élévation de l’ individu et  au progrès de la société. Chacun à sa manière. Optons donc résolument pour une approche fraternelle mais ouverte qui puisse nous rapprocher dans un effort généreux en nous disant mutuellement avec Saint-Exupéry et sans candeur excessive : «  Loin de me léser, ta différence m’ enrichit ». Alors s’ ouvrira vraiment la voie qui nous conduira vers ce Centre de l’Union vers lequel tous les hommes et les femmes de bonne volonté devraient converger et n’ auraient du cesser de converger.
Au moment d’éteindre les bougies des cérémonies du bicentenaire, ici à Clermont-Ferrand, que chacun fasse  sienne cette fameuse devise de Guillaume le Taciturne : «  Point n’ est besoin  d’ espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer .» Et j’y ajouterai : «  Fais ce que dois, advienne que pourra ».
J’ai dit et déclare la clôture officielle de ce colloque et de l ‘année du Bicentenaire du R\E\A\A\en souhaitant à chacun et chacune une excellente année maçonnique 6005 placée sous le signe de la laïcité et de ses défis contemporains. Je dirai enfin merci à tous ceux qui ont fait le succès de ce colloque par leurs initiatives, comme aux conférenciers qui nous ont apporté leurs réflexions et leur regard sur notre rite.
Alain de KEGHEL 33°
T\P\S\G\C\