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International
langue Française
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Rencontre internationale REAA de Genève en 2005
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L’histoire du REAA explique son expansion sur l’ensemble des continents, dans le respect de ses valeurs fondamentales d’universalité et d’humanisme. Mais cette histoire ne s’est  pas faite sans tensions. Aujourd’hui, de plus en plus, la spécificité de ce rite est perçue par les uns et les autres, et la phase actuelle de l’histoire pourrait bien être celle d’un dialogue renoué entre les différentes juridictions. C’est, essentiellement, un des espoirs du Suprême Conseil du REAA du GODF. Espoir qui se nourrit de traités d’amitié – que ce soit notamment en Afrique ou en Europe - de rencontres internationales, tous les deux ans, entre nombre de Grands Commandeurs et dignitaires venus de divers pays. « Rencontres Écossaises Internationales » ouvertes sans exclusive ni volonté d’imposer une « ligne » ou une suprématie – idée incongrue en Franc Maçonnerie - mais dans le souci de démontrer que des liens de compréhension réciproque peuvent se dégager.
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Ainsi, le Suprême Conseil du REAA du GODF, tout en restant très attentif aux options de l’obédience, ouvre une panoplie de contacts fraternels sur le plan international. Ces contacts, selon les juridictions, sont variées dans leur expression, allant du simple échange de lettres à la présence effective aux rencontres internationales institutionnelles. Le passage de plus en plus marqué de la première démarche à la seconde laisse espérer une ouverture progressive à la volonté de se rencontrer et de se parler. C’est bien cet esprit volontariste de baisser les barrières héritées de l’histoire que proposent les textes élaborés lors des « Rencontres Écossaises Internationales » du REAA.
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La Rencontre Internationale de mai 2003 à New York était organisée par la juridiction Oméga de New York..
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Pour mémoire, c’est le 15 juillet  1971 que se sont réunis pour la première fois à San Francisco, en Californie, dix Maçons noirs américains du Rite Écossais Ancien et Accepté, dans le but déclaré de se constituer en nouveau Suprême Conseil ; souché sur la Grande Loge libérale OMEGA, Or\ de New-York , Obédience membre du CLIPSAS et composée exclusivement de Frères de couleur. Il leur aura néanmoins  fallu s’ armer de patience et de beaucoup de persévérance avant que leur projet ne prenne réellement forme. Ce n’est, en effet, que le 17 juin 1979, soit un peu plus de huit ans plus tard et au terme d’ un long et patient travail préparatoire, que onze des Souverains Grands Inspecteurs Généraux ayant participé à cette première réunion en Californie se rendent en Italie pour participer à la cérémonie constitutive organisée sous les auspices du Suprême Conseil d’ Italie du 33° et dernier degré.
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Les documents disponibles mettent en évidence la création, le 26 juin 1980, de structures para-maçonniques parrainées par le Suprême Conseil OMEGA et ayant pour vocation d’accueillir les épouses, filles et sœurs de membres de cette juridiction écossaise : Les « Sœurs de la Maison de Minerve » et les « Filles du Sphinx ».
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Ces documents font également apparaître la volonté de cette juridiction d’étendre ses contacts internationaux. Dans ce secteur, les rapports avec le Grand Collège des Rites du G\O\D\F\ ne viennent que relativement tard. En effet, il faudra attendre 1985 avant que deux BB\AA\FF\ du Souverain Chapitre « L’ Atlantide », Val\ de New-York, et relevant donc de notre juridiction, soient reçus en visite au Suprême Conseil OMEGA. Depuis lors, les relations n’ ont cessé de se renforcer. En 1993 le Suprême Conseil OMEGA participe à la rencontre Écossaise internationale de Mexico et il reçoit la même année, à New-York, le T\I\F\ Herberto Fabre, du S\C\ de la Grande Loge de langue espagnole pour l’ Amérique du Nord, venu exposer les grands enjeux maçonniques internationaux au titre du « CLIPSAS ».
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C’est à cette jeune juridiction qu’il revient donc, en mai 2003, d’accueillir les délégations d’Europe, d’Afrique et de l’hémisphère américain qui ont répondu à son invitation, puis de mener les débats prévus.
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Fait important dans les perspectives envisagées, pour  la première fois donc dans l’histoire du REAA une Rencontre Écossaise Internationale prenait place aux États-Unis d’Amérique.
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A l’initiative de plusieurs Suprêmes Conseils une discussion s’est engagée au sujet des relations inter-juridictionnelles écossaises internationales  dans un univers contemporain.
Les Suprêmes Conseils de France et de Belgique avaient déposé des documents de travail à ce sujet. A l’issue des débats un projet de résolution a été adopté par consensus; il donne mandat au Suprême Conseil OMEGA, au Suprême Conseil Grand Collège du REAA du GODF et au Souverain Conseil du Rite Écossais de Belgique de préparer un projet à faire circuler entre juridictions dans les six mois en vue de son adoption par les juridictions. L’objectif est de s’accorder sur les termes d’un « Code de conduite » garantissant la non ingérence dans la souveraineté des Suprêmes Conseils.
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Hors ordre du jour de la 17 ème Rencontre Écossaise Internationale - mais non sans intérêt pour l’observateur de l’esprit dans lequel évoluent les Suprêmes Conseils du REAA - la délégation du S.C. du Sérénissime Grand Orient de Grèce a demandé à faire une présentation et à engager un débat portant sur un différend l’opposant au Souverain Collège du Rite Écossais de Grèce ainsi que faisant référence à celui entre les deux Obédiences grecques.  A l’issue d’un débat de principe, l’assemblée a conclu que ce type de problèmes  nationaux ne pouvaient trouver de solution dans cette enceinte qui n’était pas le cadre approprié. Une requête tendant à instituer une commission d’enquête ne bénéficiât pas non plus du consensus nécessaire à la soutenir.
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Une série de rapports nationaux de grande richesse furent ensuite présentés sur le thème de travail de la 17ème Rencontre Écossaise Internationale : « Tradition et modernité doivent-elles être considérées comme une alternative ou comme un compromis qui serait compatible avec l’initiation progressive écossaise ? ».
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En conclusion le débat parvint au consensus qu’il n’y a aucune nécessité pour quelque maçon que ce soit d’opposer tradition à modernité dans le REAA qui demeure sur toute la surface du globe une Chaîne d’Union exceptionnelle proposant un large éventail de solutions pour contribuer au progrès de l’humanité.
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La cérémonie de clôture s’est accordée pour adopter, par consensus, le procès-verbal qui sera édité en anglais, français et espagnol sous le titre de « Acte final de la 17ème Rencontre Écossaise Internationale de New York ».
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Au terme de ses travaux, l’Assemblée a décidé de retenir le thème « Définition d’une déclaration de Genève, reflet d’un Ecossisme du XXIème siècle » pour la 18ème Rencontre Écossaise Internationale prévue à Genève en 2005.
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La Rencontre Écossaise Internationale de 2005 à Genève se présente donc comme l’occasion d’une réflexion en profondeur sur le devenir du REAA dans le respect de ses bases initiales. En effet, la déclaration de Lausanne de 1875 a énoncé en son temps des principes généraux qui ont régi longtemps le paysage écossais international. 
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Certains préceptes doctrinaux y ont été inscrits, auxquels notre S.C. n'a pas nécessairement adhéré. Mais fidèles à la philosophie fondamentale du Grand Orient de France qu'est la liberté absolue de conscience, nous considérons que les options philosophiques, spirituelles et intimes, relèvent de la seule conscience individuelle de nos membres. A l’instar de l’ensemble de notre Obédience, nous vivons très bien les formules ad libitum concernant notamment l'invocation du GADLU, d'ailleurs incomparablement plus présent dans des Loges symbo1iques du GODF que dans les Ateliers du Grand Collège. C'est notre lecture dynamique et ouverte de la. liberté absolue de conscience et son application à tout le corpus de «Lausanne 1875» qui trouve là son expression. Ainsi n'adhérons-nous pas à tout, mais il n'est point besoin pour autant de nous inscrire en rupture. C'est l’adhésion au consensus qui conduit à. cette « acceptation-non adhésion ». C’est le plus grand dénominateur commun.
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Au moment où le Grand Orient et son Suprême Conseil commémorent et célèbrent à l’unisson l’année du Rite Écossais Ancien Accepté pour marquer le Bicentenaire du Concordat du 5 décembre 1805 qui fonde la légitimité écossaise du G\O\D\F\, deux options au moins s’offrent aux Maçons : la première serait le repli identitaire et hexagonal, la seconde élargissant notre champ visuel et en portant un regard englobant d’autres dimensions.
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Cette dernière option plus prometteuse et davantage dans l’esprit du REAA qui ne peut se satisfaire raisonnablement de considérer notre univers maçonnique du début du XXIème siècle en termes de fractures, avec des cloisonnements étanches. Est-il réaliste de faire abstraction des réalités universelles ? Des réalités qui nous déroutent souvent, nous interpellent certainement. Mais qui sont bien là.
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Se pose, ici, le problème de la déclaration de Lausanne et les blocages qu’elle peut susciter, selon certains. En effet, quelques principes «contraignants» ont été retenus en 1875. Mais, dans notre société du XXIème siècle se justifie au moins un examen quant à leur juste adéquation avec notre temps et à la pertinence de leur permanence.
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Il est intéressant, à titre documentaire, d'observer que dans le courant écossais «inféodé» à la Juridiction Sud des États-Unis, la déclaration de Lausanne de 1875 n'est plus considérée par tous les Suprêmes Conseils comme le texte de référence par excellence. D'ailleurs le Suprême Conseil de la Juridiction Sud a lui-même renoncé à cette référence dans la deuxième moitié du XXème siècle. Et il n'y a substitué aucun autre texte auquel les autres juridictions se seraient à leur tour ralliées. Nous allons donc plus loin et plus « respectueusement » de l' avant.
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La déclaration de Lausanne est donc un document qui appartient à notre histoire collective et au patrimoine de l'écossisme du XIXème siècle qui a eu ses heures de gloire et ses mérites. C'est donc ce qu'il convient bien de considérer comme un texte  fondateur dont il importe, pour nous, de savoir ne pas en faire une lecture au premier degré. Il est même essentiel de la considérer pour cela et comme cela seulement. Ses vertus contemporaines sont donc limitées. Pour autant convient-il de ne pas le « renier ».
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Au moment où des Suprêmes Conseils féminins et mixtes, ayant émergé, se développent et s'affirment, ils posent ouvertement le défi ou la question de la discrimination sexiste dans le système écossais des hauts grades. Il est fait observé qu'il n'en est point ainsi au niveau des Obédiences administrant des ateliers symboliques qui connaissent - au moins chez nous en France - un éventail largement ouvert masculin, féminin ou mixte avec des règles d'inter-visites.
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Dans un même temps, nul ne peut ignorer que la «diplomatie écossaise» est un élément essentiel aussi de dialogue international entre Écossais reconnaissant ou pas les contenus de la Déclaration de Lausanne, mais y faisant référence néanmoins pour y avoir recours comme «prétexte» au surpassement de ce qui divise ou surpassement en tout cas des courants de pensée, philosophiques ou doctrinaux distincts et parfois fort éloignés les uns des autres. Mais tous s'accordent pour autant dans un « concert » écossais feignant donc largement d’ignorer les différences ou les gommant. .
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Aujourd’hui, l'esprit qui devrait présider à notre démarche pourrait opportunément s'inspirer de l’élan fort de modernité de bon aloi que fut la déclaration de Strasbourg instituant le CLIPSAS. Nous pourrions notamment y puiser pour l'adapter et l'aménager dans un contexte écossais du XXIéme siècle, de facture comparable (en qualité et en longueur) pour en tirer le meilleur parti. Nous aurions aussi quelque avantage à reprendre à notre compte un certain nombre de déclarations pertinentes des « Rencontres Écossaises Internationales » pour les réunir dans un syllabus écossais contemporain traduisant une volonté commune forgée par les juridictions écossaises au fil de leurs échanges  internationaux sur plusieurs décennies.
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Cela ne suffira pas bien entendu à nous situer dans une perspective qui soit de nature à nous projeter en tant que Rite dans un univers où tout va toujours plus vite. Mais devons-nous viser cela?
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Notre aptitude, à concilier l’ancrage dans la tradition héritée et la juste adéquation aux évolutions, déterminera pour une large part la capacité du REAA à continuer à prospérer et à rester un rite phare et véritablement universel. Car il s’agit bien d’une adaptation souple à des contextes en constante évolution et différents selon les périmètres considérés sans rien céder sur l'essentiel, c'est-à-dire l'esprit du rite.
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Odo Georges
dans "Humanisme"- n°  268 été 2004
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