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Colloques du Bicentenaire

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Colloque 

bi-centenaire

à

Paris

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LE COLLOQUE « SOURCES » DU BICENTENAIRE

  ( Mardi 31 août à Paris) 

   Comme vous le savez, notre Suprême Conseil commémore depuis le début de cette année 2004 le bicentenaire de la création du Suprême Conseil de France par le T\Ill\F\ Auguste Alexandre de Grasse-Tilly.

 De nombreux colloques ont été organisés en différents lieux pour marquer cette page importante de l’histoire de la Franc-Maçonnerie « écossaise » . Ils s’échelonnent tout au long de cette année en différentes villes de France, sous la présidence du Souverain Grand Commandeur. 

Il nous a paru souhaitable, dans le contexte d’un Rite Ecossais Ancien (et) Accepté riche de ses composantes variées, de nous en remettre à l’Aréopage de recherche « Sources » pour organiser à Paris un colloque international de caractère historique et scientifique ouvert à des conférenciers de tous horizons et ainsi dégagé de toutes contingences.

 C’est donc le Président de « Sources » qui invite au grand colloque international qui aura lieu de 14 à 18 heures heures, le mardi 31 août 2004 à Paris, 16 rue Cadet.

 Notre espoir est que ce colloque, dénué de toute forme maçonnique rituelle, soit une occasion véritablement exceptionnelle de dialogue libre entre chercheurs connus et reconnus, à l’abri de tout formalisme pouvant faire obstacle aux échanges respectueux des différences.   

 

Suprême  Conseil

Grand    Collège  du R\E\\A\

                          G\O\D\F\

 

                                                                                                       Zénith de Paris, February,22, 2004

Le  Souverain Grand   Commandeur

 

Dear  Sov. Grand Commander,

Ill\ Bro\,

  This  message is  an announcement and an invitation to consider to join, yourself and Bretheren from your Jurisdiction, a major Masonic event about to take place at Paris France, this year in the frame of the celebration of the Bicentennial of the first Supreme Council of the Scottish Rite in France and in Europe.  

Instead of having our Supreme Council acting as inviting body, I have chosen for obvious reasons to let it up to the Research Lodge “SOURCES”. It is in charge of organizing an international Masonic symposium whose title is:  

“The Scottish Rite: A prospective two centuries later”.

  It will focus on the introduction of the A\A\S\R\ in France on an historical background. That means that it will be a true historical event in many respects. As a non-partisan and non-dogmatic gathering of famous scholars and Masons coming from various parts of the World and from different Masonic streams, it will of course remain free from any kind of ritualistic works and from Masonic regalia in order to make every one comfortable.

  Among those scholars having accepted to take the floor, I may mention Br. S.Brent Morris 33°, Director of HEREDOM (Research Society of the Southern Jurisdiction) who will be the Key Note Speaker. Other famous historians belong to the panel like Bro. Jean-Pierre Lassalle 33°, Active Member of Suprême Conseil pour la France, Bro. Roger Dachez, President of the  “Institut Maçonnique de France”, Bro. Pierre Noël 33°, Historian and Active  Member of Suprême Conseil pour la Belgique, Sister Andrée Prat from DH- French Federation,  Bro. Pierre Mollier, Scholar and Director of the GODF Library at Paris and Yves-Hivert Messeca 33°, Member of “SOURCES”. The high level of quality of each of this Masons is also a promise to experience an exceptional conference

This event will take place on August 31, 2004 at Paris (France) 16 rue Cadet at 2:00 PM and you will receive very soon invitations originated by “SOURCES”.

  I truly hope that you and some of your Fellow Bretheren shall take opportunity of this non- partisan symposium to visit Paris and to share with many Masons of all over the World a unique celebration.

  With Brotherly Love and Faithfully

  Yours

Alain de KEGHEL 33°  

Présentation du colloque du 31 août 2004

 

Chers amis, Mesdames, Messieurs,

 L’Aréopage “Sources”, créé, il y a plus de vingt ans, dans un but de recherche, d’information et d’instruction, est heureux de vous accueillir. Il a saisi, en accord avec Alain de Keghel, l’opportunité que lui offrait le calendrier pour organiser une rencontre scientifique non sur le bicentenaire de la création du Rite Écossais Ancien Accepté mais, sur les décennies qui, en amont et en aval de 1804, ont vu se mettre en place en Europe et en Amérique le Rite Écossais, le Rite Écossais Ancien et la propagation du Rite Écossais Ancien Accepté. Le colloque auquel nous vous invitons à participer se propose de mettre en perspective deux siècles après son implantation en Europe et plus particulièrement en France le Rite Écossais Ancien Accepté.

 Nous avons volontairement  décidé d’un colloque court, le temps d’intervention de chaque orateur ne devrait pas dépasser vingt minutes. Les questions seront posées après deux ou trois interventions ; en aucun cas il ne s’agit de réveiller les débats partisans. Les interventions n’utiliseront pas les vocabulaires en usage dans les loges maçonniques tels “que mon Frère, ma Sœur”, malgré le lieu qui nous reçoit.

 Nous avons fait appel à des spécialistes reconnus de l’histoire maçonnique mais peu habitués à se rencontrer.  Je vais vous présenter brièvement les différents intervenants.

Tout d’abord un historien, connu et apprécié dans l’ensemble de la Maçonnerie nord-américaine, Brent Morris, président de l’excellente revue Heredom, consacrée à l’Ecossisme, ouvrira ce colloque. Il cernera dans sa langue le passage de la maçonnerie de l’Ordre du Royal Secret à vingt-cinq degrés, arrivés d’Europe vers 1761, au Rite Écossais Ancien Accepté comprenant trente-trois degrés.

Le rédacteur de la revue “Renaissance Traditionnelle”, le médecin biologiste Roger Dachez, auteur de nombreux travaux maçonnique et organisateur de nombreux colloques de recherche portera un nouveau regard sur l’origine des Hauts Grades.

 Andrée Prat, actuelle présidente de la Commission de l’Histoire de la Fédération Française du Droit Humain, Rédacteur en chef de la Revue “Les cahiers de l’Histoire”, auteur d’un Que sais-je? sur “Le Droit Humain”, développera pour nous sa réflexion sur “La spiritualité à l’intérieur du REAA”.

 Jean-Pierre Lassalle, professeur de grammaire et d’histoire de la langue française à l’Université Toulouse II, auteur d’une thèse d’État sur La formation et l’évolution du vocabulaire de la Franc-maçonnerie au XVIIe siècle, et membre de l’Institut d’Études et de Recherches Maçonniques, envisagera le REAA sous l’angle d’un Conservatoire de nombreuses traditions qui font la Tradition occidentale.

 Pierre Noël, médecin, actuel Chef du service de neurologie du CHU Saint-Pierre, attaché à l'Université Libre de Bruxelles, édite la revue de la GLRB, “Acta Maconica”. Il développera devant  nous le contenu et la signification éventuelle pour la pratique du REAA des Constitutions secrètes du 33° degré, publiées en 1872 par Albert Pike, et dont Alain Bernheim a retracé la curieuse histoire.

   Yves Hivert-Messeca, enseignant, docteur en histoire, associé au Groupe de sociologie des religions et de la laïcité et au Groupe de recherches sur l'histoire des protestantismes est l’auteur de nombreux livres et articles, au nombre des quelles: “La Franc-maçonnerie dans les Alpes-Maritimes et  Les grands notables du 1er Empire. Il est l’un des co-auteurs du livre du bicentenaire Deux siècles de Rite Écossais Ancien Accepté. Il analysera et expliquera les "itinéraires" du REAA.

 Pierre Mollier, directeur du service de la Bibliothèque, des Archives, actuel rédacteur en chef de la revue d’études maçonniques et symboliques Renaissance Traditionnelle, est l’auteur d’une cinquantaine d’articles sur l’histoire de la Franc-maçonnerie, de ses rites et de ses symboles. Il est aussi l’un des co-auteurs et des coordinateurs du livre du bicentenaire Deux siècles de Rite Écossais Ancien Accepté. Il fera le point sur l’état actuel de nos connaissances historiques du Rite Écossais Ancien Accepté. 

 

L'Ordre du Royal Secret en Amérique avant 1801
 


Le 31 mai 1801 est la date la plus importante dans l'histoire de la Maçonnerie des Hauts Grades
aux Etats-Unis. Ce jour-là, la "loge mère", le Suprême Conseil universel était ouvert par John Mitchell et Frederick Dalcho à Charleston, en Caroline du Sud, et au cours de l'année, "le plein effectif des Grands Inspecteurs Généraux fut complété conformément aux Grandes Constitutions." (1) Par cet acte, l'Ordre du Royal Secret en vingt-cinq degrés (souvent appelé Rite de Perfection) fut transformé en Rite Écossais Ancien et Accepté, comprenant trente-trois degrés.

Avant la création de ce Suprême Conseil, les Hauts Grades étaient conférés par le biais d'un système peu cohérent d'Inspecteurs qui pouvaient nommer chacun un nombre illimité d'Inspecteurs, sans aucune restriction. Les documents sont rares, mais deux Inspecteurs semblent avoir travaillé dans l'hémisphère occidentale avant 1761 : "Lamolière de Feuillas, fait député en France avant 1750, et Bertrand Barthomieu, nommé député par Feuillas, aux Antilles en 1753" (2). On ignore si de Feuillas ou Barthornieu nommèrent d'autres Inspecteurs.

Etienne Morin, qui a reçu en 1761, à Paris ou Bordeaux, une patente l'autorisant à propager le Rite dans le monde entier, arrive en Jamaïque en 1762 ou 1763. Il nomme bientôt six Inspecteurs Généraux, dont Henry Andrew Francken, le plus ancien Député Inspecteur Général (3). Francken, à son tour, fondé une Loge de Perfection à Albany, dans l'État de New York, en 1767, et crée six autres Députés Inspecteurs Généraux. Il prépare également au moins trois livres réunissant les rituels traduits en anglais (4). Finalement cinquante-deux Inspecteurs sont issus de Francken. Au moins soixante-quinze Inspecteurs seront nommés en Amérique avant 1801 (5).

Non seulement les Inspecteurs et les Députés se multiplient, mais ils confèrent aussi les grades Ineffables et' Sublimes à des Maîtres Maçons et, à l'occasion, fondent des Loges. À ce sujet les documents sont rares, cependant on sait que les Loges suivantes ont été créées avant 1801

1. 1764 - Loge de Parfaits d’Écosse, New Orléans, Louisiane;
2. 1767 - The Ineffable Lodge of Perfection, Albany, New York;
3. 1781 - Loge de Perfection, Philadelphia, Pennsylvania;
4. 1783 - Loge de Perfection, Charleston, Caroline du Sud;
5. 1788 - Grand Conseil, Prince de Jérusalem, Charleston, Caroline du Sud;
6. 1791 - King Solomon's Lodge of Perfection, Holmes' Hole (aujourd'hui Tisbury), ile de
Martha’s Vineyard, Massachusetts;
7. 1792 - Loge de Perfection, Baltimore, Maryland;
8. 1797 - Sublime Grand Conseil, Princes du Royal Secret, Charleston, Caroline du Sud.(6)
 

Bien connues et répétées en de nombreux endroits, ces données de base d'une activité des Hauts Grades antérieurs à la création du Suprême Conseil ne nous éclairent pas sur la manière dont les Hauts Grades attiraient les Maçons américains, pas plus que sur celle dont les Inspecteurs conféraient les grades et dont les Loges travaillaient. Répondre à ces questions nous aidera à comprendre le bon accueil dont a bénéficié le Suprême Conseil.

L'attrait des Hauts Grades pour les Maçons américains.

Les Grades bleus ou degrés de métier sont conférés en Amérique dès 1730, et vingt-trois ans plus tard en décembre 1753, la Loge de Fredericksburg en Virginie, enregistre la toute première initiation au Grade de Royal Arch. Les Maîtres Maçons américains se rendirent vite compte qu'ils n'avaient pas reçu l'entière explication de la parole du Maître et que le Royal Arch était nécessaire pour compléter l'histoire.
 

La Maçonnerie du Royal Arch devint populaire en raison du nombre de Maçons désireux de compléter leurs connaissances maçonniques. La propagation régulière du Royal Arch a été favorisée par la prédominance grandissante en Amérique des loges des "Antients" qui conféraient ce grade en vertu de leur autorité à initier aux trois premiers degrés. Au moins cinq Chapitres ne dépendant pas de loges furent créés avant 1794, le Grand Chapitre de Pennsylvanie fut fondé en 1795, le Grand Chapitre Général des États de la Nouvelle Angleterre en 1796. La première initiation au grade de Chevalier Templier eut lieu en 1769, et on trouve des traces discontinues de l'Ordre jusqu'en 1796, date à laquelle le premier "Campement" (aujourd'hui Commanderie) fut fondé dans le Connecticut7. Les dix grades et ordres de ce qui sera finalement connu sous le nom de "Rite de York" américain ont été résumés dans l'ouvrage de Thomas Smith Webb, Le Moniteur du Franc-Maçon, ou Illustrations de la Maçonnerie (1797).

Les Maçons américains recherchaient avec enthousiasme encore plus de lumière dans la Maçonnerie, mais du fait que l'Ordre du Royal Secret était d'origine française et sans tradition dans les loges anglaises, ces hauts grades étaient peu connus. Ces grades devaient ressembler à quelque chose comme des rumeurs séduisantes provenant seulement de lointaines loges non anglaises ou des conférenciers francs maçons parcourant le pays. Les connaissances fragmentaires de la Sublime Maçonnerie étaient accrues par quelques mentions occasionnelles terriblement tentantes dans des ouvrages maçonniques.

Dans un article antérieur j'ai fait par erreur référence à la triple union chap.: R+C, (1797) comme dépendant de l'ordre du Royal Secret. En fait c'était un chap.: de l'Ordre Royal d'Ecosse. . "The High Degrees in the United States: 1730-1830," The Philalethes, vol. 5 1, no. 2, Apr. 1998, p. 36. Il existe des suggestions d'autres organismes. Par exemple un certificat et deux patents communiqués en (1768) par Franken à Jeren-iiafi van Rennsselaer, Samuel Stringer, et Moses M. Hays font allusions à un conseil des Princes du Royal Secret. Les documents ont été publiés "sous le dais céleste du zénith qui répond à 41 Degrés: 30 minutes: Nord: Latitude:" ce qui correspond à Newport, Rhode Island, la résidence de Rays en 1774. Il n'y a aucune autre preuve de l'existence du Conseil.Alain Bernheim, "Questions About Albany," pp. 157-61, 166.
 
Un souverain Chapitre de R+C fut également constitué à Charleston avant 1802... Mais ni le manifeste du Suprême Conseil ni l'histoire manuscrite de Mackey, ni aucun autre ouvrage que nous avons pu trouver ne révèlent sa date ou l'origine de sa légitimité. ." Charles S. Lobinger, The Ancient and Accepted Scottish Rite of Freemasonry (Louisville, Ky.: Standard Printing,
1932), p. 150.

L'existence de ce Chap.: est confirmée par le Annual Register of the Brethren who Compose the Sublime Grand Lodge of Perfection of South Carolina (Charleston, S.C.: T.E. Bowen, 1802), reproduit dans Ray Baker Harris, History of the Supreme Council, 33, ... Southern Jurisdiction, US.A.: 1801-1861 (Washington: Supreme Couneil, 331, S.J., 1964), pp. 306-16.

Le premier livre américain traitant de la Maçonnerie fut en 1734, la réimpression, par Benjamin
Franklin, des Constitutions des Francs-maçons, d'Anderson. En 1800, un total de 626 volumes ayant pour sujet la Franc-maçonnerie avaient été publiés en Amérique; dix d'entre eux traitaient des précurseurs du Rite Ecossais (7). Pour les personnes intéressées par l'étude de la Maçonnerie, ces dix livres fournissent des éléments de connaissances qui allaient au-delà de celles que l'on trouvait dans les loges d'origine anglaise.

1787- La Requête de la Loge, n'40, Registre de Pennsylvanie, à la Très Respectable Grande Loge.

Ce pamphlet de dix pages est une récrimination selon laquelle la Grande Loge de Caroline du Sud aurait été fondée de façon non régulière. Cependant, la page 5 donne des indications intéressantes sur une forme de Franc-maçonnerie différente de la Maçonnerie anglaise. « Le Frère Joseph Myers, Jnr. était alors et se trouve en fait (sous la juridiction du défunt roi de Prusse) et {sic} Inspecteur Général et Grand Maître des Grades Ineffables de la Maçonnerie. Le second, le frère James Fallon, est et était un ancien Vénérable... initié et installé dans une ... Loge de Maçons Ineffables à Philadelphie, sous un mandat régulier {sic].(8).

1797 - [Charles Louis Cadet de Gassicourt], Le Tombeau de Jacques Molay, ceci est une
traduction de vingt-deux pages de l'original français de 1796. La page 8 contient l'explication de la fondation, par Jacques de Molay, de quatre chapitres comprenant chacun vingt-sept membres qui ont des privilèges particuliers dans les Loges maçonniques : "Quand ils pénètrent dans une Loge, ils ont le droit exclusif de marcher au milieu du tapis qui se trouve face au trône. Tous les Francs-maçons des Loges ignorent qui ils sont."

1797 - Thomas Smith Webb, Le Moniteur du Franc-Maçon, ou Illustrations de la Maçonnerie. Cet
ouvrage, premier "guide" américain des grades maçonniques, révélant les prières, les devoirs, et les parties secrètes du rituel, a été largement diffusé, traduit en espagnol, et réédité plusieurs fois avant la mort de l'auteur. La deuxième partie de ce livre comprend des descriptions des onze grades d'une Loge de Perfection, pages 227-66, incluant des renseignements sur qui remplaça Hiram Abiff dans le temple du roi Salomon, sur la façon dont furent traités les mauvais compagnons, et la façon dont la parole perdue fut retrouvée. Le Moniteur de Webb a eu une énorme influence sur l'instauration et la propagation du rituel "américain standard". Sa très grande popularité a du susciter l'attention et la curiosité de nombreux Maçons américains pour les Grades Sublimes.

1798- John Robison. Preuve d'un Complot contre toutes les Religions et les Gouvernements de
l'Europe. Ceci est la première édition américaine de ce livre influent, qui provoqua de l'hystérie à l'idée que les Illuminés infiltraient secrètement les gouvernements du monde et peut-être celui de l'Amérique. Page 384, Robison fait des observations sur les rituels du Chevalier du Soleil et du Chevalier Rose Croix, de l'Abbé Barruel. Ceci est un autre exemple de références très séduisantes à des grades maçonniques peu connus de la plus part des Maçons américains.

1798 - John Robison, Preuves d'un Complot. La deuxième édition américaine.

1799 - Augustin de Barruel, Mémoire, pour servir l'histoire du Jacobinisme, Vol. 1. Parce qu'il y a
eu trois imprimeurs distincts pour les quatre volumes, Walgren attribue à chacun une inscription distincte dans sa bibliographie. Là se trouvent, suscitant la curiosité, &autres allusions à des forces occultes dans la Franc-maçonnerie: "les loges occultes" (que Barruel appelait"arrière loges").

1799 - Augustin de Barruel, Mémoires, pour servir l'histoire du Jacobinisme, Vol. 2. Le lecteur
peut y trouver des descriptions du Grade de Maître Élu (page 161), de Chevalier du Soleil (page 163n), des grades supérieurs de la Maçonnerie écossaise (page 163-68), du Grade de Rose Croix (pages 168-72) de la Maçonnerie Mystique (pages 172-74), et de Chevalier Kadosh (pages 174-75).

1799 - Augustin de Barruel, Mémoire, pour servir l'histoire du Jacobinisme, Vol.3. Ce volume
traite spécifiquement des grades de l'illuminisme de Weishaupt mais son principal intérêt pour la majorité des lecteurs Francs-maçons est d'attirer l'attention sur d'autres grades conférés en Europe continentale et inconnus des loges anglaises.
 

Tous les commentaires sur ces dix livres sont de Kent Walgren, "A Bibliography of Pre-1851 American Scottish Rite Imprints," Heredom, vol. 3 (1994), pp. 61-67; spelling corrections have been made in this transcription.


1799- Augustin de Barruel, Mémoires, pour servir du Jacobinisme, Vol.4. Mentions complémentaires de grades continentaux : Frères africains, Chevalier de l’Aigle, l’Adepte, le Sublime Philosophe (page 81) ; Chevaliers de Palestine, Chevaliers Kadosh, Directoire Écossais (pages 97100) ; Architecte Écossais (page 328).

1800- Robert Griffith Wetmore, Une Timide Tentative pour promouvoir la Félicité de la loge de
"Mark Masters " de Campbell à Duanesburgh, [New York]. Page 6, Wetinore dit : "Lorsque je suis devenu votre voisin, j'étais détenteur de trente grades en Maçonnerie (y compris ceux que l'on appelle ineffables) et je me considérais donc arrivé au nec plus ultra... "

Le Moniteur du Franc-Maçon de Webb, fat le premier guide faisant autorité pour travailler les dix
grades et ordres du Rite de York américain : les loges bleues (3 grades), le Royal Arch (4 grades), et les Chevaliers Templiers (3 ordres). Il donnait également des renseignements passionnants sur un type de Maçonnerie exotique connu de peu de Maçons américains et il a dû susciter une grande curiosité parmi ses lecteurs. Une loge américaine typique avait une décoration plutôt simple, avec des piliers à l'Occident un autel au centre, et un "G" illuminé à l'Orient. Comparez cette austérité avec la description somptueuse que donne Webb d'un seul des grades Ineffables.

Observations sur le Grade de Prévôt et Juge.

Cette loge est ornée de rouge, et éclairée par cinq grandes lumières ; une à chaque coin et une au centre. Le Vénérable est placé à l'orient sous un dais bleu, entouré d'étoiles, et on le nomme Trois Fois Illustre' (9).

Le Vénérable d'une Loge bleu américaine portait ses vêtements habituels, avec autour du cou un sautoir auquel était attachée une équerre. Son tablier était probablement fait à la maison et décoré par sa femme, sa soeur ou sa mère. Il existe de nombreux portraits de George Washington et Benjamin Franklin dans une telle tenue, simple mais digne. Une fois encore, comparez la description que donne Webb de l'habit luxueux de l'officier présidant le "Grade de Chevalier de la Neuvième Arche, ou Royal Arch".

Le plus puissant grand maître, représentant Salomon à l'Orient, est assis dans un fauteuil
d'apparat sous un dais magnifique, avec une couronne sur la tête et un sceptre à la main. Il est vêtu d'une toge de couleur dorée et d'un habit de satin bleu garni d'hermine qui descend jusqu'aux coudes. Un large cordon pourpre, auquel est suspendu un triangle d'or, va de l'épaule droite à la hanche gauche." (10)

Après avoir été attirés depuis les années 1760 par des allusions à de mystérieux grades
maçonniques qui conservaient l'histoire entière de la Maçonnerie, les Maçons américains reçurent des renseignements explicites en 1802. Le Suprême Conseil édite la Circulaire pour les Deux Hémisphères, qui présente et explique les grades sous son autorité. La Circulaire peut être considérée comme une brochure promotionnelle merveilleusement écrite, attirant les candidats à l'adhésion en expliquant pourquoi les Grades Sublimes sont nécessaires à la parfaite compréhension de la Franc Maçonnerie. Elle donnait de nombreux exemples des raisons pour lesquelles les Hauts Grades sont à la fois supérieurs et essentiels.

• Seul le Rite Écossais est régi par des documents historiquement corrects.
 
Les débuts de l'histoire de la Franc-maçonnerie sont surchargés de faits fantaisistes, au contraire au fur et à mesure que nous nous rapprochons de notre époque le nombre des documents authentiques, utiles à notre administration, augmente (11).

• Les trois premiers grades ne sont qu'une préparation aux Grades Supérieurs. Les trois grades des Loges bleues firent créés pour tester le tempérament et les capacités des initiés avant qu'ils ne soient admis à la connaissance des mystères plus importants.

• Le véritable mot du Maître a été perdu pour les trois premiers grades, à la mort d’Hiram Abiff,
mais les Grades Sublimes le possèdent toujours.

Le Maître dune Loge bleue sait bien que le Roi Salomon et son royal visiteur étaient en possession du mot véritable et parfait dont il doit rester ignorant à moins d'être initié aux Grades Sublimes.

* Les Grades Ineffables et Sublimes ont conservé des cérémonies non corrompues.
Beaucoup de variété et d'irrégularité se sont malheureusement glissées dans les premiers grades du fait de... ceux qui ne connaissent pas l'hébreu, langue dans laquelle sont donnés tous les mots et les mots de passe... Il n’en est pas ainsi dans les grades supérieurs.

* Les Grades Ineffables et Sublimes perpétuent la tradition des croisés et fondent leurs grades sur des documents authentiques découverts en Palestine. Alors que 27 000 maçons qui accompagnaient les Princes Chrétiens en Croisade), ils découvraient, parmi les descendants des anciens Juifs, plusieurs manuscrits maçonniques importants qui ont enrichi nos archives de documents écrits authentiques et ont servi de fondements à certains de nos degrés.

De l'introduction du Royal Arch en 1753 à la Circulaire pour les Deux Hémisphères en 1802, on a
laissé entendre aux Maçons américains que les grades des Loges bleues ne disaient pas toute l'histoire de la Maçonnerie. Tous les Maçons n'étaient pas incités à rechercher davantage de lumière, mais pour ceux qui l'étaient ce devait être un choix épineux de savoir où s'arrêter. L'évocation d'une révélation supplémentaire - peut être le nec plus ultra - pouvait venir du prochain visiteur d'outre atlantique, dans la dernière publication, ou dans les mains d'un conférencier maçonnique itinérant.

La diffusion des Hauts Grades par des conférenciers maçonniques.

La Franc-maçonnerie est parvenue aux Etats-Unis depuis différentes sources et sous des formes
variées. Le peu d'indications concernant les rituels et les cérémonies, dont disposaient les premières Loges, provenait probablement à parties égales de la tradition orale et de manuels imprimés. Quatre manuels exposant les rituels ont été publiés en Amérique avant 1801, ce sont tous des réimpressions d'originaux anglais : The Mystery of Free-Masonry (1730), Masonry Dissected (1749/50), Hiram : Or the Grand Master-key (l 768) et Jachin and Boaz (l 774-180 1). "Avant la publication de l'ouvrage de Morgan, Illustrations of Masonry by one of the fraternity (1826), Jachin and Boaz, qui constituait l'exposé le plus important publié sur le sol américain, avait largement contribué à l'uniformisation du rituel (12), bien qu'il y eut sans aucun doute d'autres manuels importés disponibles, ce fut Jachin and Boaz avec sa façon de travailler se référant aux "Anciens" qui influença le plus le rituel américain Il est amusant de constater que les loges des "Antients" prédominaient en Amérique, mais que Jachin and Boaz reflète la manière de travailler des "Modernes". Le livre connut dix éditions en Amérique avant 1801, alors que les trois autres manuels américains ne furent jamais réimprimés (13). Nous pouvons déduire de sa popularité que Jachin and Boaz fut largement utilisé par les Loges américaines, même de façon informelle, pour mettre en oeuvre leur rituel.

"La Nature a horreur du vide", et dans le vide du rituel maçonnique américain apparurent des
conférenciers maçonniques itinérants. Ces conférenciers, qu'on ne trouvait qu'en Amérique, parcouraient le pays, enseignant des façons de travailler uniformisées pour les trois premiers grades, les quatre grades du système américain du Royal Arch : Mark Master, Past Master, Most Excellent Master, et Royal Arch, et des grades secondaires. Le grand unificateur du rituel américain fut Thomas Smith Webb, dont on sait qu'il utilise Jachin and Boaz dans son enseignement à ses étudiants (14). Webb formalisa les cérémonies dans Jachin and Boaz, adapta la langue à la langue vernaculaire américaine, et combla les lacunes dans la procédure. Il étendit la langue et les formules de son travail sur les trois premiers grades au Royal Arch et
il forma et certifia d'autres conférenciers. En 1797 Webb publia Le Moniteur du Franc-Maçon, outil pédagogique qui aida à consolider sa codification du rituel. Comme nous l'avons déjà fait remarquer, il suscita également l'intérêt pour les hauts grades.

On sait peu de choses des méthodes de travail des conférenciers maçonniques, mais on peut tirer quelques déductions raisonnables à la lecture du registre &Abraham Jacobs (1782-1808) et du journal de Jeremy Ladd Cross (1817-1820) (15). Si l'on admet que chaque Inspecteur de l'Ordre du Royal Secret était peu ou prou un conférencier itinérant, ce sont peut-être de 100 à 150 « colporteurs maçonniques ». En plus des "cours" sur les grades des Loges bleues et du Royal Arch (ce qui voulait dire enseigner de mémoire le rituel et l'installation du temple), ces conférenciers vendaient ou donnaient des grades secondaires à leurs clients et accordaient des patentes à divers organismes sous leur autorité.

Le journal de Jeremy Cross nous donne une idée assez précise sur les affaires d'un conférencier
qui avait du succès. Bien que les écritures de son journal aillent de 18 17 à 1820, les données financières de l'époque ne devaient pas être tellement différentes de celles de la période antérieure à 1801. Ses honoraires pour une journée de travail semblent avoir été de 4 dollars en 1817, environ 55 dollars en 2003, et il crée des conseils de "Select Masters" pour 20 dollars, soit environ 275 dollars aujourd’hui.(16) Il devient conférencier maçonnique autour de 1814, mais en 1818 il est toujours endetté et espère mener une vie plus stable (17). Le 17 août 1817, il partit de Haverhili, dans le New Hampshire, voyagea en diligence et en bateau et arriva à Richmond, en Virginie, le 4 décembre, après un voyage de mille kilomètres. Il logeait à l'hôtel. Durant son périple de dix-sept semaines jusqu'à Richmond, il créa au moins six Conseils de "Select Masters" pour 120 dollars (équivalant à 1.650 dollars d'aujourd'hui), et il passa environ vingt-neuf journées à faire des conférences dans des Loges et des Chapitres. Son revenu total pour le voyage à Richmond s'éleva environ à $236/$3.245.

Pour avoir une estimation approximative de ses dépenses, notez que pendant son séjour à
Washington, D.C., il paya 8$75, pour une chambre et les repas de trois jours à l'hôtel de l'Union de Thomas Crafford , soit $2.50 par jour*. Le coût du logement dans des villes plus petites devait être inférieur, disons à peu près de $1.50-2.00 par jour. S'il utilisait des hôtels ou des tavernes pendant la moitié ou les deux tiers de son voyage et s'il logeait chez des Frères le reste du temps, il dépensait alors environ $90-$160 pour son logement, tout près de la moitié de son revenu. Quand on aura ajouté ses frais de transport et des dépenses diverses il est facile de voir pourquoi, après quatre années de conférences, il était toujours endetté.

Son journal est imprécis sur le nombre de Conseils créés, les jours de conférences rémunérés, et ses honoraires, mais nous pouvons tout de même nous faire une idée des conditions financières de son voyage de 1817 du New Hampshire en Virginie en lisant les écritures de son journal du 9 au 16 octobre 1817, huit jours particulièrement chargés pour lui.

Des honoraires de 4 dollars pour un jour de conférences semblent avoir été le tarif généralement admis. La Grande Loge du Massachusetts nomma Benjamin Gleason Grand Conférencier le 22 juillet 1805, et après une année d'enseignement aux Loges du Massachusetts il reçut 1.000 dollars, soit environ 15.600 dollars en 2003 (19). Si Gleason enseigna à peu près vingt-et-un jours par mois, cela signifie qu'il reçut approximativement la même rémunération que Cross à chaque conférence.

Abraham Jacobs ne semble pas avoir enseigné dans les grades des Loges bleues, et son registre n'indique pas non plus le montant de ses honoraires. Nous savons cependant que Cross et Gleason touchèrent 4 dollars par jour pour enseigner aux grades des Loges bleues et du Royal Arch à peu près à la même époque et que Cross reçut 20 dollars pour fonder un Conseil de "Select Masters", conférant un seul grade. Par ailleurs, en 1806, Antoine Bideaud, du Suprême Conseil du Sud, initia, à New York, du 4ème au 32ème grades, J.J.J. Gourgas et quatre autres, pour 46 dollars, soit 1,50 dollars (20) par grade . Il n'est donc pas déraisonnable de penser que Jacobs percevait de 10 à 15 dollars par personne quand il conférait les treize grades de la Loge de Perfection et du Conseil des Princes de Jérusalem, consentant peut-être un rabais pour un nombre plus important de candidats.

Le 9 novembre 1790, Moser Cohen initia Jacobs "Chevalier du soleil, avec les pleins pouvoir pour
initier les Frères et constituer des Loges", et c'est ce qu'il fit. Il confère les grades Ineffables, Sublimes et d'autres grades "secondaires" pour arrondir les revenus qu'il tirait de l'enseignement de l'hébreu. Bien que son registre ne nous livre aucun renseignement sur ses honoraires, il nous éclaire en revanche sur la manière dont il conférait les grades, ce à partir de quoi nous pouvons imaginer ce qu'étaient les méthodes d'autres Inspecteur.

En dix-neuf jours, du 10 juin au 3 juillet 1792, Jacobs conféra les grades allant de Maître Secret à Prince de Jérusalem à seize Frères d’Augusta, en Géorgie. Ce qu'il a écrit dans son registre pour le 14 juin était typique de la manière dont les grades étaient conférés.

14 juin. Ai conféré ce jour les grades de Prévôt et Juge aux Frères Zimmerman et Prescott, ainsi
que les grades d’Intendant des Bâtiments, ou Grand Maître d’Israël. Le Frère James Garduer était présent et a reçu les grades de Maître Secret et de Maître Parfait, avec toutes les instructions requises (21) ..

En général, un ou deux grades étaient conférés chaque soir, mais comme tout le monde ne pouvait être présent, l'attribution de grades était répétée, comme le 14 juin. Jacobs ne bénéficiait d'aucune aide pour conférer les grades, et donc les cérémonies étaient loin d'être parfaitement "réglementaires". Il est raisonnable de demander : Pourquoi fallait-il autant de soirées pour conférer les grades ? L'explication peut être trouvée dans l'expression utilisée le 14 juin dans le registre de Jacobs : "avec toutes les instructions requises".

Arturo de Hoyos, Grand Archiviste et Historien du Suprême Conseil, 33ème, S.J., croit que Jacobs dictait les cérémonies aux candidats et que ceux-ci transcrivaient les rituels pour leur usage personnel. Pour corroborer cette assertion, les Archives du Suprême Conseil, 33ème, S.J. possèdent plusieurs petits livres non reliés, qui contiennent des transcriptions individuelles de grades. Voyez la page titre d'un livre non daté avec les rituels du grade de Chevalier Kadosh écrits sur 58 des 64 pages de format 12cm * 16,5cm. Knight of Kadoch or White & Black Eagle
Inspector of all lodges Grand Elect 24th 29th degree Gd elected Knt of,Kadosh (22)

Ce qui est significatif est que "24è"" est rayé et remplacé par "29è"". Avant 1801, le Grade de
Kadosh était le vingt-quatrième dans l'Ordre du Royal Secret mais la circulaire pour les Deux
Hémisphères inscrit le Kadosh comme vingt-neuvième grade et il est plus tard devenu le trentième).
 
C'est pourquoi de Hoyos fixe la date de ce manuscrit peu avant 1801. Il fat préparé sous l'égide de l'Ordre du Royal Secret, mais peu de temps après son propriétaire a dû transférer son allégeance au nouveau Suprême Conseil et le rituel a été numéroté et renommé par une autre main. Le Suprême Conseil invita  du titre original, et en dessous, il est écrit "C. W. Moore" par une troisième main. 291 Mss., N.P., N.D., Early S.C., Archives, Suprerne Couneil, 33-, S.J., U.S.A. tous les détenteurs de patentes de ‘l’Ordre du Royal Secret à les rendre et à recevoir une patente du nouvel organisme.

Peu de ces livres subsistent, et ce probablement pour plusieurs raisons. D'une part, il n'y eut jamais vraiment beaucoup de récipiendaires de ces grades, comme l'attestent le petit nombre de loges fondées avant 1801 et la rareté des commentaires dans les comptes-rendus de la Grande Loge. D'autre part pendant la période d'anti maçonnisme de 1826 à 1840, les Francs-maçons démissionnaires furent encouragés à détruire tout leur attirail maçonnique. Enfin, Albert Pike lui-même, autorité incontestée, encouragea la destruction de versions antérieures et non acceptées des grades du Rite Ecossais (23)

Nous pouvons maintenant reconstituer un exemple de la façon dont les Inspecteurs conféraient,
résumaient les cérémonies du grade, et enseignaient les mots et attouchements. Après chaque cérémonie abrégée, les Inspecteurs dictaient les rituels aux nouveaux membres qui les transcrivaient pour leur usage personnel. Certains Inspecteurs, comme Abraham Jacobs, encourageaient leurs candidats à faire une demande de patentes à une autorité compétente, bien que, de toute évidence, très peu aient donné suite (24).Sous les entraves des règlements de la Grande Loge, les Inspecteurs étaient libres de colporter leurs « marchandises » là où ils trouvaient des candidat de bonne volonté. Leurs clients payaient ces renseignements avec empressement, soit qu'ils aient été séduits par des arguments de vente de grades supposés réservés à une élite, soit qu'ils aient été attirés par la promesse de davantage de lumière en
Maçonnerie. Les grades étaient conférés aussi bien que possible par les Inspecteurs, avec peut-être l'aide de quelques Frères. Les nouveaux candidats étaient alors autorisés à transcrire les rituels pour leur étude et usage ultérieurs, peut-être en mettant sur pied une loge de hauts grades avec une patente.

L'exercice des Hauts Grades dans les structures en Amérique avant 1801.

Selon le premier recensement américain en 1790, la population totale s'élevait à 3.893.635
habitants.

Les cinq plus grandes villes étaient New York (331.131habitants), Philadelphie (28.522
habitants), Boston (18.320 habitants), Charleston (Caroline du sud) (163.594 habitants) et Baltimore (13.503 habitants). Cinq structures des hauts grades avaient leur siège dans trois des cinq villes américaines les plus importantes. Charleston en comptabilisant à elle seule trois. Albany (3.498 habitants) était la dix neuvième ville par ordre d'importance démographique et comptait une structure maçonnique des hauts grades. L'implantation surprenante pour un corps des hauts grades est Homes'Hole sur l'île de Martha's Vineyrard, Massachusetts. En effet, le recensement de 1790 ne dénombre que 350 habitants dans cette localité, tandis que le Comté de Dukes avait une population de 3.245 habitants. Si, au lieu d'un Comté, il s'était agit d'une ville, elle se serait classée au vingtième rang. Donc les structures de l'Ordre du
Royal Secret étaient le plus souvent implantées dans les plus grands centres urbains. Ceci devait leur conférer une excellente visibilité pour les Maçons des loges symboliques.

Nous ne disposons que de très peu de textes attestant de l'activité de ces structures.

. La première structure de l'Ordre du Royal Secret établie aux États-unis le fut à la Nouvelle
Orléans. La Loge de Parfaits d'Écosse, une Loge de Perfection, fut installée le 12 avril 1764, mais si elle fut la première, elle ne dura pas longtemps.
 
. Peu après que la France eut cédé la Nouvelle Orléans à l'Espagne par le Traité de Paris de 1763, la Franc-maçonnerie passa soit dans la clandestinité ou périclita totalement dans cette ville. Peu de documents ont été préservés de « Parfaits d'Écosse » dont nous ignorons tout de ses activités et de son influence.
 
. Les hauts grades ne devaient pas réapparaître de façon formelle à la Nouvelle Orléans avant 1807. Les seuls documents restant de la Loge, sont les minutes de l'installation et la liste nominative des officiers.

. L'ineffable Loge de Perfection d'Albany avait reçu sa patente de Henry Andrew Franken en 1768. Son registre se trouve dans les archives du Suprême Conseil du 33' de la Juridiction Nord. Il fait état de 123 Tenues de 1768 à 1774, aucune n'ayant néanmoins eu lieu en 1772. Les minutes disponibles sont banales et ne sont pas annonciatrices de grandes promesses pour la Maçonnerie sublime de Perfection.
 
. Le registre des minutes de la Loge de Perfection de Philadelphie, installée par Salomon Bush, a été conservé par la Grande Loge de Pennsylvanie et réédité en 1915. Il fait état de Tenues ayant eu lieu, la première en 1781, et l'ultime en 1789. Hormis le fait que ses membres écrivirent à Frédéric Le Grand, les actes n'ont par ailleurs rien d'exceptionnel.
 
. Isaac Da Costa organisa la Sublime Grande Loge de Perfection à Charleston en 1783. A la date
du 13 juin 5796, le Temple, les minutes, les décors et le mobilier de l'Ineffable Loge de Perfection et de Sublimes Maçons furent consumés par un incendie. Ceci venant s'ajouter à donner, j'ai élevé les Frères nommés ci-dessus au grade de Princes de Jerusalem d'autres causes eut pour effet de suspendre les Tenues de la Loge (à l'exception de quelques Tenues occasionnelles liées à des évènements particuliers).
.
 Cinq ans après que Da Costa eut organisé la Loge de Perfection à Charleston, Barend M. Spitzer, Abraham Forst et Joseph M. Hyens établirent un Grand Conseil des Princes de Jérusalem en 1788 dans cette même ville. Sa juridiction s'étendant sur les Loges de Perfection et les Conseils de Princes de Jérusalem fut reconnue au moins par Abraham Jacobs qui instruisit ceux qui y avaient été invités à solliciter une charte à Charleston.

. La Loge de Perfection Roi Salomon à Holmes'Hole (aujourd'hui Tisbury) sur l'île de Martha's
Vineyrard, fut créée par Moses Michael Hays, Inspecteur Général adjoint, en 1791, alors qu'il
exerçait les fonctions de Grand Maître de la Grande Loge du Massachusetts (Anciens). En 1797,
cette structure rendit sa patente à la Grande Loge et se vit remettre une nouvelle patente avec le même nom, mais seulement comme Loge Symbolique. La Loge de Perfection Roi Salomon rendit ses décors, sa patente et ses minutes. En 1822 le tout fut détruit lors de l'incendie de la Grande Loge de Boston.
 
. Henry Wilmans, Grand Inspecteur Général, installa une Loge de Perfection à Baltimore, mais le
seul document dont nous disposons aujourd'hui est la « Constitution et les Règlements des Grands Élus Parfaits et Sublimes Maçons », signé de 77 membres en 1792, dont quatre deviendront Grands Maîtres du Maryland. Il y est notamment fait référence, en 1804, à Loge Concordia n'13 de Baltimore concluant un accord de location pour 150 dollars avec la « Sublime Loge ». Ceci semble indiquer que la Loge de Perfection dura au moins douze ans. Nous n'en savons pas plus.

. Charleston devint en 1797 le centre de la Maçonnerie Américaine des hauts grades lorsqu'un
Sublime Conseil des Princes du Royal Secret y fut installé sous l'autorité de Hyman Isaac Long. Ce fut la dernière structure des hauts grades constituée avant 180 1.
Les seules structures Ineffables ou Sublimes, encore en activité en 1801 étaient probablement à Baltimore et de façon certaine à Charleston. Si rares furent les structures à survivre plus de quelques années, celle de Charleston produisit le terrain fertile qui permit l'émergence du Suprême Conseil des États-unis d'Amérique.

La plupart des structures des hauts grades exerçaient leurs activités à côté de Loges bleues ou
d'autres structures. Leur simple présence suffisait à attirer l'attention d'autres Maçons de leur
environnement sur les « Sublimes Grades ». Mais cette attention n'était pas suffisante pour leur assurer le succès ou l'intérêt.

Les structures de l'Ordre du Royal Secret exerçaient leurs activités sans aucune direction centrale avant 1801. Il n'existait aucune autorité dans les États de l'Union, ni au niveau national. Par contraste, il existait des Grandes Loges dans douze des premiers États en 1791, le Delaware ayant constitué sa Grand Loge en 1806. Certaines Grandes Loges autorisèrent leurs Loges à travailler aux rites de la Marque, de l'Arc Royal et d'autres grades en vertu de leurs patentes. En 1801, le Rite de York commença à se développer. Il existait alors des Grands Chapitres de Maçons de l'Arc Royal au moins dans sept États. La Maçonnerie de l'Arc Royal était considérée comme le prolongement logique et naturel de la Maçonnerie symbolique. Les Chevaliers du Temple avaient constitué un Grand Camp dans la ville de Philadelphie.

Une distinction subtile, mais importante, entre le Rite de York et l'Ordre du Royal Secret résidait dans l'exigence intellectuelle des grades Ineffables et Sublimes d'une part, tandis que le Rite de York et en particulier ses grades capitulaires, d'autre part, faisaient appel à des éléments populaires de mise en scène.
 
Cette différence est assez bien reflétée par la disposition des initiés de l'Ordre du Royal Secret à payer pour simplement avoir le privilège de transcrire des rituels - certainement une approche historique scientifique de la Maçonnerie du plus grand intérêt pour les chercheurs. Rares furent les Maçons élevés par les Inspecteurs à participer à des Tenues car il n'y avait tout simplement pas assez de structures auxquelles ils eussent pu participer. Mais ils semblaient se satisfaire de pouvoir lire et étudier les rituels.

Nous ignorons en réalité ce qui se passe exactement lors des Tenues avant la période de 1801 en Amérique, mais ce que nous savons de la période anti-maçonnique américaine (environ de 1826 à 1842) nous livre néanmoins des indications précieuses sur cette période précoce. L'ouvrage de David Bernard, « Lumière sur la Maçonnerie » (1829), a été la principale publication de l'époque et a connu cinq éditions livrant chacune plus de détails que la précédente entre avril et décembre 1829. Son principal concurrent fut l'ouvrage intitulé « Le rituel maçonnique » publié en 1831. Les deux livres avaient pour objectif de détruire la Franc-maçonnerie en prétendant révéler ses rituels et en en dressant un portrait le plus désavantageux possible. Donc toute description négative doit être considérée comme l'objectif ultime des auteurs. Leurs descriptions reflétaient des variantes locales du rituel, qui pouvaient être plus ou moins répandues. Arturo de Hoyos souligne que de telles variantes sont une conséquence prévisible de la tradition du Rite de York et de la transmission de son rituel par le bouche à oreille. La tradition écrite des grades Ineffables et Sublimes laissait nécessairement beaucoup moins de place à de telles variantes.

Si nous pouvons accorder crédit à ce qu'à expose Allyn, les grades capitulaires de l'Arc Royal
proposaient aux participants des épreuves d'initiation espiègles et tapageuses.

Ces grades, en particulier de l'Arc Royal, constituaient la conclusion logique du grade de Maître.
Ils semblaient proposer quelques facéties innocentes pendant la cérémonie. C'était donc beaucoup plus populaire que de s'exercer aux activités austères de retranscription des rituels et que l'étude de ceuxci.

Leur description des grades capitulaires de l'Arc Royal, celui alors le plus pratiqué des hauts grades, fait état de plusieurs manières de mettre les candidats dans l'embarras et de les surprendre. Allyn avait même accompagné ses descriptions de dessins comiques des cérémonies mettant en exergue les mésaventures burlesques des initiés.

Par contraste avec les grades capitulaires, la description des « onze grades ineffables » les fait
apparaître austères et solennels, prenant la plupart du temps l'allure de scénettes historiques. Bernard avait progressé jusqu'au 6è` grade de Secrétaire Intime et Allyn n'avait reçu aucun des grades Ineffables et Sublimes. Ils n'avaient donc que peu d'éléments concrets de référence de ce qui se déroulait dans une Loge de Perfection.

Il n'en reste pas moins, qu'aucun des deux auteurs n'aurait voulu omettre de souligner le moindre aspect négatif, y compris en se basant sur la rumeur. Leurs descriptions sont si rudimentaires qu'elles confortent l'idée de cérémonies véritablement sérieuses, et dénuées de toute caractéristique comique pour l'observateur. Si les grades Ineffables et Sublimes ne se sont précisément peut-être pas aussi rapidement répandus, c'est qu' ils étaient sans doute jugés trop austères et que la dimension comique propre à l'initiation des grades capitulaires de l'Arc Royal leur faisait défaut. Nous ne le saurons sans doute jamais avec certitude.

Conclusion

Le Suprême Conseil des États-unis est apparu à une époque où les Maçons américains prenaient conscience qu'il y avait une connaissance maçonnique au-delà des loges bleues. Cette conscience a été propagée par des conférenciers itinérants, par des livres et des loges de l'Ordre du Royal Secret. L'Ordre, avec ses Inspecteurs qui agissaient sans grand contrôle, ne possédait pas dans son organisation une infrastructure lui permettant de survivre. Son descendant, le R.E.A.A. offrait toutes les caractéristiques qui garantissent la grandeur. En deux cents ans, le REAA a grandi au point de devenir la branche la plus importante et la plus développée de la fraternité maçonnique. Aujourd'hui, il conserve des potentialités de développement encore plus grandes qu'en 1801.
 
 
1 Suprême Conseil des Etats-Unis, Circular throughout the two Hemispheres. Universi Terrarum Orbis Architectonis Gloria
ab Ingentis. Deus Meumque Jus. Ordo ab Chao (Charleston, S.C.: Thomas B. Bowen, 1802).
 
2 HeM W. Coil et a]., Coils Masonic Encyclopedia (New York . Macoy Publilshinbg and Masonie Supply Co., 1, )"Morin,
Stephen".
 
3 Harold van Buren Voorhis, ne Story ofthe Scottish Rite ofFreeMasonry (New York: Press of Henry Emerson, 1965), p. 15;
Alain Bernheim, "Questions About Albany," Heredom, vol4 (1995), p. 142.
 
4 Les trois exemplaires connus du manuscrit de Francken sont en possession du Suprême Conseil, 33', N.M.J., U.SA, de la
Grande Loge Unie d'Angleterre, et du Suprême Conseil, 33, pour l'Angleterre et le Pays de Galles
 
5 Voorhis, pp. 56, 57.
 
6 For New Orleans, sec Kent Walgren, "An 1-listorical Sketch of-pre- 1851 Louisiana Scottish Rite Masonry," Herodom, vol. 4, 1995, p. 190; Alain Bernheini,, "Notes on Early Freemasonry in Bordeaux (1732-1769)," Ars Quatuor Coronatorum, vol, 101 (1988), pp. 90, 100. For the other bodies, sec Samuel H. Baynard, Jr., History of the Supreme Council, 33, 2 vols. (Boston: Supreme Council, 33', N.M.J.), vol. 1, pp. 97-100. .
 
7 Kent Walgren, Freemasonry, Anti-Masonry and flluminism in the United States, 1734-1850: A Bibliography, 2 vols. (Worcester, Mass.: American Antiquarian Society~ 2003), vol. 1, pp. 3-134.
 
9 Thomas Smith Webb, Freemasons Monitor; or, Illustrations of Masonry, 2nd ed. (New York: Southwick and Crooker, 1802), p. 233.10 Webb, p. 244.
 
11 Supreme Council, Circular throughout the Two Hemispheres. All further quotes from this section are frorn the Cîrcular.
 
12 Arturo de Hoyos, "David Bernard's Light on Masonry: An 'Anti-masonic Bible,"' Heredom, vol. 12 (2004), to be rublished.
 
13 Walgren, Freemasonty: A Bibliography, vol. 2, p. 993
 
14 "[Solomon Southwick] est entré en possession &un exemplaire imprimé de l'édition de Jachin an Boaz parfaitement identique à celle qui servi au défunt Thomas S. Webb à lui enseigner les trois premiers grades de la Maçonnerie ... M. Webb leur a enseigné à partir de ce livre, comme il l'a fait pour moi... " National Observer, vol. Il (Albany, 23 mai 1828), n' 44- NI 122, [p.4], cité en de Hoyos.
 
15 Le registre d’Abraham Jacobs se trouve dans les archives du Suprême Conseil, 33ème, N.M.J., Lexington, Massachusetts, et des extraits ont paru, allant du 22 juillet 1782 au 26 novembre 1808, dans Robert B. Folger, The Ancient and Accepted Scottish Rite, in Thirty-Three Degrees (New York: By the author, 1862, 188 1), Appendix, pp. 71-110. Le journal de Jeremy Ladd Cross, du 17 août 1817, au. 2 avril 1820, aété publie in Eugene E. Hinman, et al., A History of the Cryptic Rite, 2 vols. (N.p.: General Grand Council, 193 1), vol. 2, pp. 1223-98.

16 ` Samuel H. Williams, "What is the Relative Value?" Service de l'histoire de lTconomie, avril 2004, URL: hgR://www.eh.neVhmiVcomp . Toute comparaison de valeur sur 200 ans est délicate. Cependant les comparaisons que nous donnons obrent une approximation raisonnable.
 
17 Cela fait à pou près 4 ans quefai commencé Vactivité de conférencier Maçonnique....". " Je pense aujourd'hui que si j'étais libéré de mes dettes et si j'avais n'importe quel autre moyen de gagner ma vie, je choisirais volontiers une existence plus sédentaire". Journal de J.L. Cross, 5 juin 1818 et 2 mai 1818, réédition Hinman, pp. 1257 et 1266
 J. L. Cross's Diary for October 9-16, 181718 Comments 9th. At 4:00 A.M. I took my seat in the stage and by 8:00 1 arrived at Lantwecks Bridge, a small village south of New Castle, [Delaware] stopped at a small Tavern.... 1 met the Brethren in the Eve and gave a Lecture. $4 for lecturing 10th. Spent the day with Maj. Moody in viewing the small but pleasant village. I spent the evening at his house and returned [to the Tavern and] had some further chat with the Brethren & received my penny
The 'further chat with the Brethren might mean lecturing, and "received my penny" means he was paid. $4 for lecturing?
Received: $8 for lecturing October 9 & 10 11th. After breakfast 1 started for Dover,
[Delaware] and arrived in Dover about 2:00 P.M. 1 soon , became acquainted with the Hon. William Hall.... Lectured with the Companions in the evening $4 for lecturing
12th. Sunday. Cross faithfully observed the Sabbath and did no work on the day. 13th. Spent the day mostly with Br. Hall. In the Eve I met the Companions. Exhibited the work in the Hall. Chapter and established a Council of Select of Select Masters
This could be private instructions for Br. Hall $4 for lecturing $20 for a Council of Select Masters
14th. Spent the day with Bro. Hall and the Eve with the Companions This could be more private instructions for Br. Hall
$4 for lecturing 15th. gave some directions to lay out $20 in provisions &c &c Ordering $20 in provisions indicates he probably stayed at a tavern
16th. Settled with the Companion and received my wages, took dinner with [Dr.] Naudim and at 2 PM. took the stage and rode to Milford,[Delaware] where 1 [arrived] at sun down. Stopped at Mr. Godwin's Hotel.
RECEVIED: $32 for lecturing October 11, 13, &
14 and for establishing the Council of Select
Masters on October 13
 
18 .Cross diaiy, Oct. 1817, Hinman reprint pp. 1231-234. L’orthographe et la ponctuation ont été adaptées à l'usage moderne. Spelling and punctuatîon have been regularized to modem usage

19 2OProceedings of the Most Worshipfui Grand Lodge ofAncientFree and A cceptedMasons of the Commonwealth of Massachusetts: 1792-1815 (Cambridge, Mass.: Caustic-Claffin Co., 1905), pp. 287,288,358.
 
20 Baynard, Jr., History ofthe Supreme Council, vol. 1, p. 153,
 
21 22 Jacobs, Register, Folger reprint, p. 85
 
22 Le texte "29th degree Gd clected Knt of Kadosh" a été écrit par une main différente de celle.
 
23 Il a été ordonné que tous les rituels des 18è"', 3&` ' et 33 è' grades de cette juridiction, qui n'ont pas été préparés sous la supervision ou avec l'approbation du Suprême Conseil soient détruits là où ils peuvent être trouvés, et que tous les membres du rite soient obligés d'appliquer cette résolution, dans la mesure où il est dans leur pouvoir de le faire ". Transactions ofthe Supreme Council of Sovereign Grand Inspectors General of the Thirty-Third and Last Degree, Ancient and Accepted Scottish Rite, for the Southern Jurisdiction of the United States ofAmerica, at Four Several Sessions Holden ... 1861, ... 1862, ... 1865, ... 1866 (New York: Masonic Publishing and Manufacturing Co., 1866), p. 12.
 
24 25 3 juillet, [1792]. ... A la condition que [Les Frères Milton, McCall, Urquhart Gardner, and Zimmerman] fassent la demande au Conseil [des Princes de Jerusaiein] in Charleston instruction requises, qu'il n'était pas en mon pouvoir de leur
donner
 
 
 
Intervention du SC, Alain de Keghel

Commémorer le bicentenaire de l’implantation du REAA en Europe, et d’abord en France, le 22 septembre 1804, par les FF\ revenus d’Amérique, Alexandre-Auguste de Grasse-Tilly et Germain Haquet, nous faisait obligation de conférer à l’évènement un éclat et un retentissement international transcendant les options doctrinales et particulières. Il nous est donc très vite apparu nécessaire et même essentiel que notre Juridiction se départisse de la responsabilité matérielle de l’organisation du colloque international dont nous souhaitions la tenue. Notre souhait était, qu’à côté des dix autres organisés hors de Paris, ce colloque fut l’occasion exceptionnelle de mettre en pratique la philosophie d’ouverture universaliste que reflète par excellence notre rite. C’est ainsi que nous avons décidé de solliciter le concours de l’Aréopage de recherche SOURCES et de  lui déléguer la charge de réunir des conférenciers faisant autorité, mais reflétant aussi la diversité du paysage écossais national et international. Si donc, bien naturellement, nous avons indiqué le format souhaité, nous avons mis aussi à profit les relations parfois officieuses que toute juridiction se doit d’entretenir, sauf à prendre le parti qui n’est pas le notre, de la frilosité  et du repli identitaire. Agir autrement eut été, c’est notre intime conviction, passer à côté de l’essentiel et eut été une faute.

 

Dans cette démarche ouverte et dénuée de toute ambiguïté, nous avons pu compter sur une complicité active, et typiquement « écossaise », de tous les partenaires approchés et dont aucun n’a décliné la suggestion de relever ensemble un défi sans précédent dans l’histoire de la Juridiction, de l’Obédience, comme de l’Ordre. C’est ainsi que le colloque d’étude et de recherche, placé sur le terrain « profane », mais organisé sous l’égide de SOURCES dans les Temples de la rue Cadet, a réussi non seulement la prouesse de réunir quelque 500 Maçons de tous horizons, mais aussi de s’assurer les concours de conférenciers de talent appartenant à des juridictions n’entretenant, pour certains d’entre elles, aucune relation de « reconnaissance » avec la notre. Il est vrai, et il importe de le mentionner pour écarter tout malentendu, que le F\ S. Brent Morris, Membre Actif du Suprême Conseil de la Juridiction Sud des Etats-Unis d’Amérique et directeur de l’excellente publication HEREDOM, éditée par la Scottish Rite Research Society  , tout comme le F\ Jean-Pierre Lassalle, Membre Actif du Suprême Conseil pour la France (rue de Villiers), le F\ Pierre Noel, du Suprême Conseil de Belgique, à l’instar de la S\ Andrée Prat, membre du S\C\ du Droit Humain, les FF\ Pierre Mollier et Yves Hivert-Messeca du G\O\D\F\ intervenaient à titre personnel en qualité de personnalités qualifiées et non pas en représentants d’une structure.

 

Cette percée sans précédent a constitué un message d’une puissance telle, qu’ il n’y en avait jamais eu avant. Notre S\C\ doit pourtant se garder de tout triomphalisme. Car, si une victoire fut emportée contre les vieux démons, ce fut bien celle collective  d’individualités qui ont su, chacune là où elle était, se projeter vers le futur, plutôt que de se cantonner dans une posture d’assiégés frileux et nostalgiques ou d’assaillants institutionnels impétueux. Aussi n’est-il assurément pas excessif d’affirmer, qu’en ce 31 août 2004, une alchimie s’est faite jour qui, sans révolutionner notre univers, n’en a pas moins apporté la démonstration que le respect, le dialogue franc et réaliste, la Fraternité maçonnique, permettent de transcender les options particulières et contribuent à l’ouverture d’esprit aussi. Ce sont aussi des moteurs d’un rite qui, deux siècles après sa consécration, atteste qu’il n’a pas pris une ride. Cet aspect juvénile, cette vitalité tranquille, cette capacité avérée à composer, sans transiger sur les principes, ce sont pour le Souverain Grand Commandeur du R\E\A\A\ du G\O\D\F\, autant de sources d’espoir incomparablement plus importantes que les postulats. Notre juridiction, mais par de-là, les différentes ramifications du système des hauts grades  du R\E\A\A\, ont apporté la brillante démonstration de leur capacité à conjuguer les talents, à ouvrir les cœurs et à surmonter les options en apparence parfois opposées, pour envisager le lendemain en construisant sur les fondements posés par nos prédécesseurs. Nous devons  ne pas nous satisfaire ici seulement de la devise du Chevalier Kadosh : « Fais ce que dois, advienne que pourra ». Nous nous inscrivons dans une exigence plus forte encore et dans un mouvement dynamique, sans cesse ascendant, vers l’ « ordo ab chao » qui étend l’ambition du rite pour embrasser l’universel dans une acception kantienne.

 

Nous savons bien que l’exigence posée lors de ce colloque est réelle, forte, profonde. Les FF\ de notre Juridiction y adhèrent et s’y reconnaissent. Ils l’ont démontré par leur participation massive à cette commémoration. L’arbre écossais, plie parfois, mais jamais ne rompt. Tel est l’un des enseignements que nous retiendrons de l’histoire de notre rite au sortir des épreuves du temps et de la fête de nos célébrations. Les bougies du bicentenaire ne scintillent plus, mais la lumière qu’elles ont fait briller demeure présente. L’écho du colloque international et des dix autres retentit encore et retentira longtemps, bien par de-là les frontières de notre Suprême Conseil et de l’espace qu’il couvre en Métropole et outre-mer, comme un message de conscience identitaire et d’affirmation sereine qui fondent tous nos espoirs.

 

 

Alain de KEGHEL 33°

T\P\S\G\C\