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À PROPOS DE LA MÈRE LOGE

du "RIT ÉCOSSAIS PHILOSOPHIQUE" EN FRANCE 

 

L’essai, présenté par Marcel CLÉMENT, dans ce numéro de l’ÉCOSSAIS, traite du Rite Écossais Philosophique. Il est présenté à partir d’un Livre d’Or du Souverain Chapitre Métropolitain attaché à la Respectable Mère Loge du Rit Écossais Philosophique en France. Il permet, l’évocation d’un moment de la Franc-Maçonnerie française, mais c’est aussi l’occasion de revenir sur une période clef de son affirmation, car, si on replace cet écrit, portant, sur l’événement qui s’est passé à CREST, dans la Drôme en 1811, on ne peut pas passer sous silence le contexte qui l’entoure, riche de cet environnement maçonnique foisonnant dont les annuaires de la Respectable Mère Loge du Rit Écossais Philosophique en France de 1810 et de 1811, sont représentatifs.  

Ces annuaires auxquelles les promoteurs ont donné un caractère solennel, est l’indicateur de l’évolution d’une politique complexe de relations entre les différents protagonistes de la Franc-maçonnerie française. En ce qui les concerne, les responsables de la Respectable Mère Loge du Rit Écossais Philosophique en France qui prend ses racines dans des loges qui ont participé aux courants qui ont fondé les Hauts Grades Écossais, veulent occuper toute leur place sur la scène maçonnique, et, s’adressant aux Loges qui lui sont agrégés, s’expriment ainsi : « La T\R\L\M\Écoss\ de France, sous la dénomination distinctive de Saint Alexandre d’Écosse et le Contrat Social réunis, à l’O\de Paris ; 

Aux RR\ LL\ de sa correspondance

Union, Force, Salut, 

TTT\ CCC\, TTT\ DDD\ et RRR\, FFF\

Nous avons l’honneur de vous adresser notre Annuaire maçonnique pour l’année 1810, le Tableau de nos Grands Officiers et celui de membres de notre R\M\L\ ; nous avons cru devoir y faire insérer cette année des pièces importantes dont il est nécessaire que toutes les Loges et les Maçons du Rit prennent une entière connaissance. 

Ces pièces sont, 1°, le CONCORDAT passé entre les Commissaires de la R\M\L\É\du Contrat Social et ceux de la R\M\L\É\ de Saint Alexandre d’Écosse, le 11\ jour du 12\ mois 5805 ; 2°, l’Acte des conventions qui ont eu lieu entre les Commissaires de la R\M\L\et le F\JALAY, relativement à la médaille frappée en l’honneur de S.A.S. Monseigneur le Prince CAMBACÉRÉS, Grand-Maître de l’Ordre. 

La gloire du Rit que vous professez, ainsi que nous, étant l’objet de toutes nos sollicitudes, nous ne pouvions vous laissez ignorer l’existence de ces Actes mémorables… »[1]  

Cet événement arrive, en effet, dans un contexte ambiant très favorable. On est à l’apogée du Premier Empire. La Franc-maçonnerie française connaît des heureux développements. La position politique de l’archi-chancelier CAMBACÉRÈS  auprès de l’Empereur NAPOLÉON 1er, ses positions déterminantes dans la Franc-maçonnerie, influence l’un et l’autre et les met en relation permanente. Cet environnement ne peut qu’être très favorable au projets de la nouvelle Mère-Loge. 

Cependant, les annuaires maçonniques à l’usage des Loges et des Chapitres agrégés a la Très Respectable Mère Loge du Rit Écossais Philosophique en France, pour les années 1810 et 1811, semblent mal connus. On ne les retrouvent pas quand on prend connaissance des écrits historiques faisant état de ce moment de l’histoire maçonnique, car, à leur lecture, ils annonçaient un dessein précis, celui de montrer l’évolution significative qui était intervenue dans l’organisation de deux Loges fondatrices de la maçonnerie écossaise, la R\Loge du Contrat Social et la R\Loge de Saint Alexandre d’Écosse qui  « désirant former entre elles une union perpétuelle, fondée sur l’estime, l’amitié et la considération qu’elles se portent  depuis de longues années » signent un Concordat le 11 décembre 1805 et frappent une médaille[2],  le premier sous l’égide de S.A.S. Monsieur le Prince de CAMBACÉRÈS, Grand Maître de l’Ordre, la seconde en son honneur.[3]. Et, si l’on poursuit ce qui est notifié dans le Concordat au niveau des observations, il est dit : « La R\Loge du Contrat Social ayant suspendu ses travaux en 1790, ses membres se sont dispersés… de sorte qu’il n’existe plus de cette Loge que treize membres résidans à Paris. Le F\DELEUTRE, décédé à Hambourg, a emporté avec lui la partie administrative des archives. Toutes les décorations et outils maçonniques ont été dispersés ; excepté le LIVRE D’OR, les statuts des Tribunaux des GG\ II\ II\ CC\ et quelques documents qui sont entre les mains des FF\LAFISSE et ACHET, la R\L\du Contrat Social a tout perdu… C’en était fait de la Maçonnerie Écossaise philosophique, et ce Rit disparaissait entièrement sans l’énergie et le zèle du S\CH\MÉT\É\, qui n’a jamais discontinué ses travaux, et qui au contraire, soutenu par ceux des membres de la R\L\de ST\ A\ d’ÉC\qui en faisait partie, s’est accru en raison inverse du dépérissement de l’atelier du Contrat Social. Ce corps illustre ayant considéré que les lois qui le régissent lui ordonnaient de s’attacher à la plus ancienne Loge du Rit de la Capitale de France… déclara , par un acte solennel, la R\Loge de Saint Alexandre d’Écosse la plus ancienne du Rit en cet Orient après le Contrat Social, lui déféra le titre et les attributions de Mère-Loge Écossais de France, aux termes de l’art. 18 du tire 1er ,des règlements généraux de l’Ordre, et déclara que la Chapitre Métropolitain y serait attaché. La R\Loge de Saint Alexandre d’Écosse, pleine de reconnaissance pour les bienfaits qu’elle avait reçu jadis du Contrat Social, n’accepta ce titre qu’à la charge de lui restituer, si cette Loge reprenait ses travaux…En conséquence de ces observations, les commissaires soussignés, munis des pleins pouvoirs ont entre eux le traité ci-après, qui sera exécuté de bonne foi et à perpétuité ». 

ARTICLE 1er  

La R\Mère Loge Écossaise du Contrat Social et  La R\Mère Loge Écoss\ de Saint Alexandre d’Éc\, ne formeront à l’avenir qu’une seule et même Loge, avec la dénomination de Mère Loge Écossaise de France, sous le titre distinctif de Saint Alexandre d’Écosse et le Contrat Social réunis. »[4] 

Il advint de la Mère Loge du Rit Écossais Philosophique en France ce qu’il était advenu des autres organisations maçonniques. Comme  le souligne Paul NAUDON : « Le pouvoir,… qui, pour des raisons politiques, désirait l’unité de la Franc-maçonnerie française, vint en aide au Grand Orient. Il exigea la fusion de la Grande Loge Générale Écossaise avec le grand Orient. C’est ce que CAMBACÉRÈS, archi-chancelier de l’Empire, fit savoir au Grand Administrateur de la Grande Loge, le maréchal KELLERMANN ». On sait ce qui est arrivé, une fois acquis, le Concordat approuvé et signé par les toutes les stratégies possible pour la réaliser. Il va donc deux parties le 5 décembre 1804, resta lettres mortes. Et, comme la réunion ne put se faire à la base, il semble que l’idée est restée présente pour CAMBACÉRÈS, qui mettra tout en œuvre, en respectant l’injonction de NAPOLÉON, de cumuler pratiquement toutes les  Présidences maçonniques. Ce fut, d’abord, le Grand Orient de France et la Grande Loge Générale Écossaise. En effet, après qu’un accord long à trouver entre les deux parties ait été réalisé le 16 septembre 1805[5] : « le Grand Orient avait la surveillance des ateliers du 1er au 18e degré et le Suprême Conseil exerçait sa juridiction sur ceux du 19e au 33e degré. En même temps, le prince CAMBACÉRÈS déjà nommé Grand-Maître adjoint du Grand Orient[6], était désigné pour remplir les fonctions de Grand-Maître de la Grande Loge Générale Écossaise ». Ce fut après, en 1806, le Suprême Conseil[7], puis enfin  la Grande Maîtrise de la R\M\L\ du Rit Écossais Philosophique qui fut chose faite en 1807, ce dont l’annuaire de 1810 a longuement rendu compte.    

Fort de cette nouvelle tutelle, la Mère Loge du Rit Écossais Philosophique a eu pour but de se développer, elle publie donc une notice[8] sur les formalités à remplir pour les Loges qui voudraient obtenir des patentes d’affiliation. Ces pages sont reproduites ci-après, elles montrent la volonté de développer et d’unifier le Rite. . 

l’Annuaire de 1811 reprend cette dynamique et le projet d’extension du Souverain Chapitre métropolitain est à l’ordre du jour, trois axes priment dans l’Annuaire : l’organisation et le calendrier des Travaux pour les différentes instances de la Mère Loge, du Chapitre Écossais, du Chapitre des GG\ AA\ B\ et N\, du G\S\ et Souv\ T\ , chef d’O\en France, et, du Chapitre de H-D-M de KILWINING ; suit l’ouverture d’un secrétariat pour répondre à toutes les demandes et une notice sur les archives générales. La volonté affichée par le Collège des Officiers c’est la communication avec l’extérieur pour se faire connaître et développer la Mère Loge. L’introduction est une circulaire en bonne et due forme, tout y est[9]. Dans le détail, il dénote une grande volonté d’organisation à cet égard la notice concernant les Archives générales montrent une richesse peu commune[10]. L’organisation était complète et la Mère Loge du Rit Écossais Philosophique en France voyait son statut affirmé. Cependant, elle ne comptait encore que trente neuf Loges en unité de régime et une, en attente de création. 

Mais, où voulait-on en venir ? Quelle était la signification de ces importants développements sur le plan de la maçonnerie?  Nombre de questions qui ne manquent pas de se poser à ce propos, comme pour les titres cumulés par CAMBACÉRÈS alors archi-chancelier de l’Empire, assumant des responsabilités majeures dans pratiquement toutes les structures maçonniques importantes en France.   

Si on se tourne vers ce personnage central de l’Empire, on remarque que le destin politique de Jean-Jacques Régis de CAMBACÉRÈS  a évolué avec le destin de BONAPARTE, d’abord Premier Consul et ensuite avec celui de NAPOLÉON 1er Empereur des Français. Alors que le maître du destin de la France partait à la conquête de l’Europe, Jean-Jacques Régis de CAMBACÉRÉS devenait le Maître de la France de l’intérieur. Il l’administra, il assura le suivi de la politique d’expansion de NAPOLÉON en Europe, et il présida au destinées de la Franc-maçonnerie française pour en garantir l’unité comme le souhaitait si vivement l’Empereur sans vouloir s’y impliquer lui-même. La Franc-maçonnerie le lui rendit bien, elle l’accompagna et l’aida donc constamment dans sa tâche si on en juge par la fidélité réitérée de la Franc-maçonnerie française à NAPOLÈON, et on comprend mieux pourquoi, on retrouve toujours sur le devant de la scène son plus fidèle collaborateur sur le plan profane comme sur le plan maçonnique.  

En 1811, l’Empire n’a jamais été aussi florissant, si ce n’est que les effets du Blocus Continental commencent à se faire sentir, certains pays européens et la Russie en souffrent qui contraint l’Empereur à l’aménager. Cependant, sa politique n’a pas seulement été de conquêtes. Les territoires qu’il a occupés ont été l’objet d’aménagements juridiques et d’évolutions internes pour en faire des États modernes. L’important était de communiquer avec eux alors que Paris était en position centrale. Curieusement, si l’on compare la carte des implantations des Loges « agrégés » à  La Très Respectable Mère Loge du Rit Écossais Philosophique en France et la carte des principales routes de poste au départ de Paris, on trouve une étrange similitude[11].  Si l’hypothèse est fondée, la Mère Loge du Rit Écossais Philosophique en France est une des pièce maîtresses dans le développement de l’Empire dont le chef d’orchestre merveilleusement bien placé pour y veiller et y pourvoir, est Jean-Jacques Régis de CAMBACÉRÉS. Simple coïncidence ou réalité, il faudrait en poursuivre l’analyse pour le vérifier et étendre s’il le fallait de telles recherches.

Ainsi, au niveau de l’identité maçonnique, la période consulaire, puis impériale a favorisé incontestablement la renaissance de la Franc-maçonnerie française après la Révolution. C’est un fait. A la recherche d’une problématique unité, elle a permis de conforter le Grand Orient de France comme puissance maçonnique majeure et elle a aussi entraîné l’épanouissement du Rite Écossais Ancien Accepté, tous deux n’ont eu qu’à gagner du climat qu’ils ont rencontré. Il n’en n’a pas été de même pour la Très Respectable Mère Loge du Rit Écossais Philosophique en France qui cessa ses activités en 1826.

PAR JEAN GUGLIELMI

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE 

Annuaire maçonnique à l’usage des LL\ et Chap\agrégés à la très-R\M\L\du Rit écossais philosophique en France, sous la dénomination distinctive de Saint Alexandre d’É\, et le Contrat Social réunis pour l’Année 5810,  F\PORTHMANN, IMPRIMEUR, de la R\M\L\É\ de France à l’Orient de Paris, 1810, 1811, 150 p. + 128 p.

CHEVALLIER (Pierre) Histoire de la Franc-Maçonnerie Française, La Maçonnerie Missionnaire du libéralisme (1800-1877), Paris, Librairie Arthème FAYARD, 559 p.

LIGOU (Daniel) Dictionnaire de la franc-maçonnerie, Paris, Presses Universitaires de France, 1998, 4e édition mise à jour, 1361 p.

NAUDON (Paul) Histoire, rituels et tuileurs des hauts Grades maçonniques. Le Rite Écossais Ancien et Accepté, Paris, Éditions DERVY, 2003, 5e édition refondue et mise à jour, 512 p.

 


 

[1] Annuaire maçonnique à l’usage des LL\ et Chap\agrégés à la très-R\M\L\du Rit écossais philosophique en France, sous la dénomination distinctive de Saint Alexandre d’É\, et le Contrat Social réunis pour l’Année 5810,  F\PORTHMANN, IMPRIMEUR, de la R\M\L\É\ de France à l’Orient de Paris, 1810, pp.5 et 6

[2] Un exemplaire de cette médaille se trouve au Musée de la Franc-maçonnerie, 16 rue Cadet, Paris.

[3] Annuaire maçonnique op. cit. pp. 27 et 28, introduction au Concordat passé entre le RR\ LL\ de St Alexandre d’Écosse et Contrat Social. 

[4] Annuaire maçonnique op. cit. pp. 28 à 34, extraits des observations préliminaires  du Concordat passé entre le RR\ LL\ de St Alexandre d’Écosse et Contrat Social. 

[5] NAUDON op. cit. p. 216

[6] Le Grand Maître était Joseph Bonaparte, Roi de Naples à titre nominal et honorifique, en fait c’était CAMBACÉRÉS qui gouvernait le Grand Orient de France.

[7] NAUDON op. cit. p.216

[8] Annuaire maçonnique, 1810 : op. cit. pp. 131 à 137,

[9] Annuaire maçonnique, 1811 : op. cit. pp. 5 à 8,

[10] Annuaire maçonnique, 1811 : op. cit. pp. 89 à 112,

[11] Les cartes mentionnées figurent en pp.7 et 8 du présent numéro.