Accueil 

* *
 
* *
Catalogue général
Le Bi-centenaire
L'Écossais
Perspective Ecossaise
Catalogue Metz 
Chaîne d'union
Lettre Iderm
L'Hyver.
**
2004 : bi.centenaire
Lyon
Toulouse
Bordeaux
Marseille       
Paris
Arras
Metz
Rouen
Clermont Ferrand
Antilles Guyane
 
2005 : laïcité
Paris
Montpellier
 
2008 : Convergences  
 
**
Internet
Répertoire de Sites
Site Bessel
 
**
Langue allemande
Langue anglaise
Langue espagnole
Langue italienne
 
**.
Francs-Maçons célèbres.
 
**.
.
 
.

Site traduit en :

Roumanie
Carte géographique et infos Italie drapeau pologne
Drapeau de la Norvège drapeau du Japon
Drapeau de l'Inde Arabe drapeau de la République populaire de Chine

Geo Visitors Map

 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.cafeshistoriques.com/docs/francma.rtf

 

La Franc-maçonnerie au siècle des Lumières

Par Pierre-Yves Beaurepaire, Professeur d’histoire moderne à l’Université de Nice

Mail : pierre-yves.beaurepaire@unice.fr  

Orléans, le 21 Janvier 2004, La Franc-maçonnerie au siècle des Lumières

 

Dans un chapitre de L’Europe et ses nations au titre révélateur : « la deuxième unification européenne : la Cour, le salon, les loges »[1], Krzysztof Pomian insiste sur le fait que « la Maçonnerie devient rapidement une institution européenne -la seule institution européenne à côté de l'Eglise catholique ».  De fait, la Franc-maçonnerie prend dès le premier tiers du XVIIIe siècle une dimension européenne, voire mondiale si on prend en compte les fondations coloniales, précoces et nombreuses aux Indes, dans la Caraïbe ou en Amérique septentrionale. Cette réussite tient fondamentalement au projet maçonnique des pères fondateurs de l’ordre : ouvrir ou plus exactement rouvrir le chantier de Babel, mythe fondateur par excellence de la République universelle des francs-maçons[2]. La Franc-maçonnerie a vocation à réunir l’ensemble des frères dispersés sur les deux hémisphères depuis la chute originelle, l’effondrement de Babel, sanction du Grand Architecte à la désunion des ouvriers, à la démesure de leur orgueil. Pour construire le temple à la gloire du Grand Architecte de l’Univers, les francs-maçons doivent dilater l’espace de concorde et de paix qu’offre le havre de chaque loge jusqu’aux limites du monde connu, car « le Monde Entier n’est qu’une grande République, dont chaque Nation est une famille et chaque particulier un enfant ». Le cosmos maçonnique apparaît alors comme la dilatation de cette sphère harmonieuse à l’ensemble de l’oikoumène, du monde connu, tandis que se pose aux frères la question de la koinè qui leur permettrait de communiquer entre eux. C’est dans cette optique qu’il faut saisir l’effort intellectuel des francs-maçons pour penser leur univers et en définir les bornes géographiques, sociales et religieuses. On peut alors mettre évidence quatre principaux modèles concurrents d’organisation et de construction de l’espace maçonnique européen, dont on observe aujourd’hui encore la permanence à l’Ouest et la résurgence à l’Est.

Pour les partisans de la Stricte Observance Templière, réforme maçonnique d’essence chevaleresque et chrétienne, le cosmos maçonnique se confond avec l’Europe chrétienne. La carte de l’ordre est celle de l’Europe templière, carte volontairement datée, volontairement anachronique, propice aux utopies ou contre-utopies. Plusieurs projets sont évoqués en 1782 lors du  Convent général de la Stricte Observance. Le prince valaque Murusi soutenu par les frères russes propose d’établir dans le gouvernement de Saratov, une colonie de chevaliers francs-maçons. Il envisage également de lever dans les principautés danubiennes 50 000 hommes pour reconquérir Jérusalem et les biens des Templiers. Pour maintenir l’ordre, sans quoi le cosmos maçonnique redeviendrait chaos, les francs-maçons doivent monter la garde aux bornes de la chrétienté, et repousser  tous ceux dont l’altérité dissoudrait la cohésion du groupe des élus si on les laissait y pénétrer. Les nombreuses références à Rome relevées dans l’Histoire, obligations et statuts de la Très Vénérable Confraternité des Francs-Maçons sont également explicites. Il s’agit d’établir des confins militaires aux marges de l’Europe chrétienne.

La Grande Loge de Londres propose quant à elle une organisation de l’Europe maçonnique comparable à celle d’un Commonwealth avec des dominions bénéficiant d’une réelle autonomie interne. Elle organise l’Europe maçonnique en Grandes Loges Provinciales dont le ressort se confond avec les frontières politiques des Etats, mais se réserve le droit de constituer ou de reconnaître de nouveaux ateliers hors des possessions britanniques. En résultent de nombreux affrontements avec les obédiences françaises notamment –à Naples, dans l’aire baltique, les Pays-Bas autrichiens ou en Pologne-, où interfèrent enjeux strictement maçonniques mais aussi diplomatiques, tant les chargés d’affaires, envoyés et ambassadeurs ont été des vecteurs essentiels du flambeau maçonnique à travers l’Europe et le Levant. A cette thèse anglaise, la Grande Loge puis le Grand Orient de France à partir de 1773-1774 opposent celle d’une Europe maçonnique structurées en obédiences nationales, souveraines, et non autonomes, dans l’étendue d’un ressort borné par les frontières politiques des Etats -c’est-à-dire défini sur des bases profanes. Paris met sur pied une Commission pour les Grands Orients étrangers chargée de négocier des traités d’amitié avec les Grandes Loges nationales (sic) de Suède et de Prusse notamment, de favoriser la création d’obédiences souveraines dans les royaumes de Naples et de Pologne. Il s’agit à terme de contraindre Londres qui revendique une « maternité universelle » sur l’ensemble du corps maçonnique, à s’asseoir à la table des négociations sur un pied d’égalité pour lui faire admettre le principe d’une organisation du corps maçonnique sur des bases nationales. Sentant son hégémonie menacée, la Grande Loge d’Angleterre des Modernes déjà confrontée au schisme des Anciens, réagit en considérant la sphère maçonnique comme irréductible à l’Europe profane. Par nature cosmopolite, elle vise à recréer la chaîne d’union entre les frères dispersés sur les deux hémisphères et transcende les frontières politiques,  linguistiques et confessionnelles. L’argument séduit une majorité de francs-maçons des Lumières alors que le modèle national du Grand Orient emporte certes l’adhésion des despotes éclairés soucieux de contrôler les loges de leurs Etats –notamment en Autriche et en Suède-, mais ne s’imposera qu’au XIXe siècle avec la remise en cause du cosmopolitisme politiquement neutre du XVIIIe siècle.

D’autres francs-maçons adoptent une position encore plus tranchée. Refusant toute assimilation de leur République universelle à l’Europe du XVIIIe siècle et à ses prolongements coloniaux, ils considèrent que pour bâtir leur cité idéale, les frères doivent rompre radicalement avec un monde profane voué au chaos. Après avoir imaginé un temps investir les îles de Lampedusa et de Limosa, ils retiennent le continent neuf par excellence, l’Australie, où les ouvriers du temple pourraient jeter les bases d’un Etat franc-maçon. Le baron de Hundt qui devait fonder la Stricte Observance avait quant à lui initialement jeté son dévolu sur le Labrador, pour en faire une république aristocratique.

 

Les réseaux de l’Europe maçonnique

Quel que soit le modèle considéré, le projet d’une République des francs-maçons à géographie variable, bornée à l’Europe et à ses dépendances ou véritablement universelle, ne peut se concrétiser sans la mise sur pied de réseaux de correspondance et de loges qui innervent le corps maçonnique, le structurent et le rendent cohérent. Il faut également jeter les bases d’un droit maçonnique international, mettre au point des protocoles d’échanges de visiteurs, des échelles d’équivalence de grades rendues nécessaires par la multiplication rapide des systèmes de hauts grades. C’est ce que les pionniers de l’ordre maçonnique, hommes de réseaux -réseaux académiques, confessionnels, négociants, bancaires, diplomatiques ou artistiques, sans compter les réseaux relationnels mis sur pied par ses gestionnaires hors-pair de la mobilité (Daniel Roche) que sont les aventuriers-, ont bien compris[3].

A Metz, carrefour d’influences maçonniques, le négociant Antoine Meunier de Précourt demande le 24 juin 1760 à la Grande Loge de France, dont il est l’un des officiers les plus actifs, « la liste de toutes les loges qui sont émanées comme nous de la vôtre, afin d’établir entre elles et vous cette correspondance générale qui doit régner de l’orient à l’occident et du septentrion au midi entre tous les corps réguliers ». Il continuera son œuvre à Hambourg puis en Russie. A l’autre extrémité de l’Europe maçonnique, en Sicile, les francs-maçons de Saint-Jean d’Ecosse, orient de Palerme, font également profession de foi cosmopolite. Après avoir tissé de solides liens avec les ateliers installés sur le pourtour méditerranéen, ils incitent les frères de la vallée du Rhône à entrer en correspondance avec eux. Les négociants de cet atelier sicilien, pour beaucoup originaires des Cantons suisses, sont en effet nombreux à se rendre à Beaucaire à l’occasion de la fameuse foire de la Madeleine. Ils retrouvent alors leurs confrères en affaires et frères en Maçonnerie sur les colonnes du temple de la loge locale. Puis le réseau palermitain s’élargit en direction des loges de l’intérieur. Au total, il coïncide presque parfaitement avec celui de la loge Saint-Jean de Metz. Les Palermitains se révèlent des correspondants exigeants, y compris avec leur loge mère Saint-Jean d’Ecosse, orient de Marseille. Un visiteur marseillais se voit ainsi interdire l’accès au temple sicilien, parce que sa loge a interrompu sa correspondance. Les relations épistolaires rétablies, les visites mutuelles reprennent normalement. Les rencontres fortuites, les visites escomptées sont autant d’opportunités, avidement saisies, d’initier de nouveaux échanges, de s’ouvrir par leur intermédiaire à de nouvelles pratiques maçonniques.

Les obédiences nationales prennent rapidement conscience que ces réseaux de correspondance et d’échange permettent aux loges de leur ressort de s’évader, de constituer un espace de relations autonomes, qui transcende les frontières politiques où elles peuvent jouer un rôle à leur mesure -c’est notamment le cas de Marseille dans le bassin méditerranéen, de Lyon en Europe médiane ou de Strasbourg. Le Grand Orient de France les met en garde :  « Une correspondance avec l’étranger entraîne toujours de graves inconvénients. La distance des lieux occasionne des retards dangereux, et il peut même arriver que toute communication soit interrompue, alors une loge reste isolée et languit, privée des avis et des secours dont elle a besoin. Au contraire, une correspondance avec un Grand Orient national n’est exposée à aucun danger et produit les plus grands avantages ».

Pour l’heure, si ces échanges sont activement recherchés, c’est que le projet des pères fondateurs de 1717-1723, n’est autre que de  « permettre à des hommes qui sans cela ne se seraient jamais rencontrer » de se découvrir et de s’apprécier. L’accueil de l’autre en qui l’on reconnaît un frère, de ce voyageur étranger qui apporte la preuve vivante de l’existence d’une Europe maçonnique et fraternelle, revêt dans ces conditions une importance essentielle. « Vous ne serez étrangers en aucun lieu ; partout vous trouverez des frères et des amis ; vous êtes devenus des citoyens du monde entier ! » s’exclame le secrétaire de la loge Saint-Louis des Amis Réunis, orient de Calais, à la veille de la Révolution. De son côté, le protestant cévenol La Beaumelle, intermédiaire culturel entre la France et le Danemark, contradicteur de Voltaire et admirateur de Montesquieu, confie à son frère Jean, après sa réception à Genève où il parfait son éducation : « Je ne suis plus étranger ! » L’appartenance à une fraternité européenne est rassurante pour l’étranger en voyage. Philippe-Goswyn de Neny en donne également un témoignage précieux : bien né, fils du puissant Patrice-François, Chef et Président du Conseil de l’impératrice-reine Marie-Thérèse, il n’en a pas moins quitté secrètement les Pays-Bas autrichiens, refusant de suivre la voie tracée par son père, pour entamer un périple qui par Liège, Paris et Genève le mène en Italie, en Grèce puis jusqu’à Constantinople où il se rembarque pour la Toscane en 1766. Avant d’atteindre Marseille où il visite le temple de Saint-Jean d’Écosse, il écrit à Marie-Caroline Murray : « J’ai passé quelque temps à Toulon, ou quelques lettres de recommandation, et la franche maçonnerie m’eurent bientôt mis en liaison avec tout le corps de la marine ».

On a là, à l’évidence, la marque d’une sociabilité en réseau authentiquement cosmopolite et européenne que l’ouverture récente de nombreux fonds d’archives –notamment russes- permet d’étudier de manière approfondie et de cartographier[4]. Dans un contexte autrement plus dramatique, les réfugiés politiques l’ont bien compris. Leur histoire est de fait intimement liée à celle de la Fraternité maçonnique, des jacobites des années 1688-1746 aux Russes blancs et aux mencheviks en passant par les patriotes bataves des années 1785-1787, les libéraux portugais, grecs et espagnols des années 1820-1830. A ces voyageurs, volontaires ou non, la Franc-maçonnerie offre un viatique, le certificat, visé par le secrétaire des loges visitées, prémisse du passeport maçonnique que Joseph de Maistre, figure complexe de la Franc-maçonnerie « savoisienne » et européenne, rêve d’établir : « La correspondance étroite avec les frères étrangers et nos devoirs envers eux, qui constitue essentiellement la république universelle sont encore un objet de la plus grande importance. Il faudra faire sur ce sujet quelques bonnes lois qui puissent établir plus de relation, plus d’union entre les différentes sociétés, et concilier la bienveillance avec la prudence à l’égard des frères voyageurs ».

La sociabilité maçonnique répond aux attentes spécifiques et complémentaires de la Société des princes (Lucien Bély), du royaume européen des mœurs (Daniel Roche), des militaires en déplacement, des négociants et des banquiers, des étudiants ou jeunes hommes bien nés effectuant leur tour de formation en compagnie de leurs précepteurs-gouverneurs, en mettant sur pied des structures d’accueil adaptées, dont on ne citera ici que quelques exemples : la Candeur strasbourgeoise, loge de l’Université luthérienne de Strasbourg, la Réunion des Etrangers, orient de Paris, loge de l’ambassade de Danemark, l’Irlandaise du Soleil Levant, loge des étudiants en médecine irlandais de l’Université de Paris, les Amis Réunis, loge de la haute finance protestante, des artistes français et étrangers de renom et de leurs mécènes, ou encore l’Amitié, ancienne Amitié allemande, loge des  grandes maisons  de négoce bordelaises originaires de la Baltique. Ces loges sont mentionnées dans les guides de voyages comme le Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris de Vincent-Luc Thiery.

 

Les exclus

Le cosmopolitisme du siècle des Lumières ne se confond cependant pas avec l’universalisme, la République universelle des francs-maçons épouse pour une majorité de frères les contours de l’Europe chrétienne (« le vrai chrétien, voilà le vrai maçon ! »), voire ceux du royaume de la civilité et du bon goût, où l’on peut jouir du plaisir d’être entre soi. Mutatis mutandis, elle se définit plutôt comme la réunion des Kaloikagathoi -beaux et bons de la Grèce classique, autrement dit les aristocrates-, conscients par-delà les frontières politiques de former une communauté de semblables, de pairs qui ont fait leur les normes culturelles issues du « procès de civilisation ». Les routes du Grand Tour et leurs étapes obligées, les séjours dans les académies et les universités européennes, les précepteurs étrangers, la pratique du français, promu koinè de l'Europe des Lumières, la visite des salons et des figures de la République des Lettres, ont contribué à forger cette élite européenne, aux effectifs réduits mais à la surface sociale et à l'influence politique et culturelle considérables. C'est elle qui fixe les normes sociales et culturelles qui qualifient ou disqualifient. On voit ainsi clairement les frères définir les critères de compatibilité que tout candidat à l'initiation doit posséder préalablement à son introduction dans le temple des amis choisis. A défaut, il risquerait de perturber l'harmonie fraternelle. Lessing reprochera d'ailleurs à ses frères de recevoir trop souvent des profanes en qui ils ont reconnu préalablement aux épreuves initiatiques des semblables. Ce refus d'une altérité trop accusée, d'une différence qui, loin d'être une source d'enrichissement pour la petite communauté, contribueraient au contraire à sa dissolution, a conduit les loges du XVIIIe siècle, à borner le cosmos maçonnique, à définir les contours d'une identité maçonnique, largement déterminés par des critères profanes. En bornant le cosmos maçonnique, les frères en sont arrivés à préciser le profil du « franc-maçon né » -contradiction évidente avec le principe de l’initiation et de la mort au monde profane qu’ils assument fort bien- et son corollaire,  l’« autre absolu » -par opposition à l’alter ego-, dont la différence irréductible menace l'intégrité de la communauté fraternelle. Selon les contexte et environnement profanes, ils ont identifié cet autre absolu au juif, au musulman, ou au « sang mêlé » dans les Antilles, qui porte sur son visage les stigmates du chaos indifférenciateur qui menace la société coloniale, si l'on tolère les fruits empoisonnés des unions mixtes. La manière d'aborder la rencontre avec un autre perçu comme un « impossible semblable » révèle la prégnance des préjugés profanes, le poids des fantasmes et de l'imaginaire social.

Au terme de cette exploration rapide de l’Europe des Lumières maçonniques, avec ses astres principaux, ses satellites, ses zones d'ombre et de turbulence, la Franc-maçonnerie du XVIIIe siècle apparaît complexe, paradoxale, en un mot plurielle. Ce cosmos parsemé d'archipels maçonniques, cet oikoumène à la densité inégale de loges, se révèle non pas un univers en expansion, qui finirait par englober la sphère profane. S'il a vocation universelle, il s'est rapidement trouvé borné par ses promoteurs, à l'instar de l'Empire romain sous le Principat d'Auguste. Or, ces bornes ne sont pas maçonniques, elles sont profanes : linguistiques, politiques, religieuses, culturelles, sociales, voire ethniques. La « Maçonnerie de société » avec ses loges de cour (Hoflogen) ou de châteaux (Schloßlogen), ses théâtres de société, ses bals, concerts amateurs, ses chasses, donne le ton au sein du royaume européen des mœurs où elle s’épanouit à l’interface entre espace domestique et espace public. 


 

[1] Krzysztof Pomian, L'Europe et ses nations, Paris, Gallimard-Le Débat, 1990, p. 108.

[2] Pierre-Yves Beaurepaire, La République universelle des francs-maçons. De Newton à Metternich, Rennes, Ouest-France, 1999, 210 p.

[3] Pierre-Yves Beaurepaire éd., La Plume et la Toile. Pouvoirs et réseaux de correspondance dans l’Europe des Lumières, actes du colloque international d’Arras, 26-27 octobre 2000, avant-propos de Daniel Roche, Artois Presses Université, Histoire, 2002, 346 p.

[4] Pierre-Yves Beaurepaire, L’Europe des francs-maçons XVIIIe-XXIe siècles, Paris, Belin, Europe & Histoire, 2002, 325 p. ; Pierre-Yves Beaurepaire, L’espace des francs-maçons. Une sociabilité européenne au XVIIIe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, Histoire, 2003, 231 p.