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    POÉSIE
    "
    Cette chose sans nom d'entre rire et sanglot
    qui bouge en nous
    qu'il faut tirer de nous
    et qui,
    diamant de nos années
    après le sommeil de bois mort,
    constellera le blanc du papier. "
                                                                                                                                                        Michel
    Leiris (Vivantes cendres, innommées)

     
    "Cette chose sans nom..."
    Je n'ai pas voulu me séparer de cette définition que donne de la poésie Michel Leiris, pour approcher de façon moins présomptueuse ce qui lierait "Franc-maçonnerie et poésie", me réfugier dans une conjonction plus humble et me permettre ainsi de dire comment ces deux "alchimies" peuvent coexister, se rejoindre, se nourrir l'une l'autre, se dépasser, pour ouvrir un chemin et une passerelle entre l'espace et nous. Plus loin que l'examen de thèmes identiques ou communs, je préfèrerai souligner les convergences, les confluences, les démarches qui font que notre enrichissement sera l'héritage de ce mouvement, peut-être !

    Je suis contraint, ici, de faire quelques choix arbitraires: fréquenter plus les poètes contemporains, parce qu'ils parlent la langue de "la tribu ", qu'ils sont mal ou peu connus; me référer à la Maçonnerie en rapports discrets de connivence ou de suggestion, car c'est un domaine où mes Frères sont mes Maîtres, et donc, privilégier la poésie, enfant maltraitée de notre culture, et même dans la franc- maçonnerie, hélas !
     
    Bienheureux celui qui définira la poésie. "Certains se font une idée si vague de la poésie qu'ils prennent ce vague pour l'idée même de la poésie", dira Paul Valéry, ce que ne démentirait pas Jean Rousselot quand il énonce

    " La poésie se fait avec des choses
     Voilà pourquoi les êtres
    Peinent à la comprendre "
                                                        
    (Où puisse encore tomber la pluie)

     

     " La définir, c'est labourer la terre avec ses doigts ", dira Gourévitch, et c'est vrai qu'il n'y a pas une définition définitive et totalement satisfaisante. La preuve est, qu'en cet instant, je suis seul à en parler alors qu'elle est d'abord communication. "Toute poésie qui n'est pas destinée à l'échange est pour moi non seulement inutile mais scandaleuse", soulignera Luc Bérimont, un autre grand méconnu de notre siècle.

    Dès que l'on parle de la poésie, s'affrontent, en fait, deux grandes tendances : la poésie est une catégorie esthétique, pensent les uns; elle est un art du langage, disent les autres. C'est un débat toujours actuel dans lequel je n'entrerai pas. Sans négliger les arguments des tenants de la première école, je serai, dans cette planche, plus près des seconds et de la volonté de considérer la poésie comme une grammaire tournée vers l'organisation des mots.

    Voici donc des poèmes, accompagnés d'un soulignement qui aurait pu prendre bien d'autres voies.

    1. Une démarche personnelle et altruiste

    C'est un lieu commun de dire que l'essentiel de notre démarche initiatique repose sur une volonté personnelle de perfectionnement intérieur, aidé en cela par la vigilance attentive, la rigueur, la fraternelle exigence de la Loge. On n'est jamais un initié, on reste inéluctablement un "
    s'initiant". L'initiation "est un processus par lequel le Maçon prend conscience de ce qu'il est réellement et accède ainsi à la véritable liberté dans ses pensées et dans ses actes", dira un rapport conventuel de 1964. On sait bien que ce travail personnel, cette auto-auscultation, cette construction, n'est possible que dans le profond de la loge, vigilante et laborieuse."Le poète est Maçon. Il ajuste les pierres". (Reverdy).
     
    Certes, les démarches collectives existent aussi en poésie et sont aussi bien des encouragements à l'écriture, que des lieux d'échanges et de confrontations. Il y a, bien sûr, les groupes, plus ou moins organisés, les Écoles, par exemple, comme celle de Rochefort qui ne fut, en fait qu'une constellation de poètes. Les Associations poétiques, elles, où on lit, écoute et discute les textes, sont aussi des lieux où se cisèle le travail de soi sur soi, inlassable recherche de perfection jam?is atteinte.

    POUR TOUT DIRE
    Je n'aurai pour
    tout dire
    Écrit sur mon chemin
    Que mon incertitude
    La buée qui recouvrait la vitre
    Et peut-être la vitre
    Mais jamais la fenêtre
    Et jamais le chemin
                                                                            Paul Vincensini ( Toujours et Jamais)

    Un grand de la poésie contemporaine, Georges Jean, dans une causerie à l'Association rhodanienne Poésie-Rencontres, disait en 1979, des choses essentielles : "La lecture de la poésie, c'est toujours une relecture et une relecture de soi. Il est faux de dire qu'il y a des poètes qui créent et des lecteurs qui lisent. Reverdy a très bien dit que lire, écrire, c'est la même chose, d'autant plus que lire de la poésie, c'est la refaire pour soi en l'incarnant, en la chargeant de tous ses fantasmes, de
    tout son corps, de toute sa sensualité. C'est pourquoi l'explication univoque, finale, est fausse, aberrante et vaine dans la mesure où chaque lecteur ajoute sa propre lecture; un poème est fait de la somme de toutes les lectures. Un texte qui est véritablement un poème supporte des lectures divergentes et plurielles et résiste à toutes les traversées que l'on fait de lui. On ne lit jamais un texte poétique à la première lecture. Je ne sais plus qui disait" un poème se mérite et n'est pas donné "Le mériter, c'est le conquérir."

    ***

    " Évidence mais qui reste en suspens
    N'attend que nous pour être"
                                                                    ( Andrée Chédid)

    ***

    Cette quête, cette conquête jamais terminée fait de nous des éternels "épelants". Comme le rituel du 33" degré nous ramène à la persévérance de l'éternel
    "s'initiant", le texte nous renvoie sans cesse à notre propre insatisfaction et à notre questionnement. Cette volonté que l'on trouve chez le lecteur, assidu ou intermittent, elle est aussi le parti 'pris du poète, qui lutte pour l'authenticité.


    J'ÉCRIS POUR ...
    J'écris pour apaiser les scrupules de l'herbe,
    Pour mettre un peu d'amour dans le foyer du vent,
    Pour permettre à l'oiseau de s'éveiller proverbe,
    Pour agrandir l'espace, éterniser l'enfant,

    Pour apposer des faits d'écorce et de pelage
    Aux dénis du lexique,
    aux gommes du savoir.
    Si je dis que le hêtre est une vierge sage,
    Je retarde d'un feu l'enchère et l'abattoir.

    J'écris pour réchauffer blé neuf et jeune vigne,
    Dieu plus encor que l'homme à la merci du gel;
    J'écris pour rassurer, j'écris pour rendre digne,
    Pour que la solitude ait un nom de famille,
    Pour implanter un lieu qui ne soit pas mortel.
                                                                                                                                Jean Rousselot ( Maille à partir)

    2. L'importance du silence et du non-dit

    Le silence est un des premiers outils de l'Apprenti, il le restera toujours pour le Maçon. Il est loi d'audition et d'écoute, il est aussi prise de conscience de soi. Même la manière de réagir à son propre silence doit être appréhendée. La réflexion et la méditation obligent la pensée à s'exercer et deviennent nourriture de la parole, car en privilégiant le silence, le franc-maçon privilégie aussi la parole.

    La poésie est aussi silence. Accueil du poème dit par un autre, calme intérieur, désir muet de recevoir le texte lu, de le connaître, de le re-connaître, d'en devenir le premier lecteur. La disposition, la graphie, l'importance des marges, la mise en espace du texte concourent à
    "cerner" le poème par du silence.

    "
    Le silence n'est pas quelque chose de mort, de figé, de négatif, de dévalorisant; il est au contraire fortifiant, ouvert. Et l'acte poétique me paraît être un des actes d'ouverture du silence. On fouille, on essaie de sortir le silence du silence, de définir au deuxième degré par des images "ou par des mots, une chose qui n'a pas de matière sinon elle-même". Jean-Claude Renard

    Certains textes de Beckett, en particulier les "textes
    pour rien", m'impressionnent terriblement, parce que je sens des mots chargés de ce silence. J'ai envie de dire que ce sont des mots qui ne font plus de bruit, tant ils sont puissamment intégrés au silence, qu'ils ne troublent plus, tant ils s'adressent à ce qui en nous est silencieux, mais le plus vital". Charles Juliet

    Le poème ne dit pas tout, l'ellipse cache quelquefois l'essentiel; c'est au "
    lisant" de trouver et de maîtriser cette part secrète et mystérieuse. Le lecteur s'investit alors derrière les mots, entre les lignes, occupe la place laissée par le non-dit. C'est le paradoxe d'Octavio Paz, "faire du silence avec le langage". L'apparente difficulté de la poésie contemporaine vient du fait qu'elle se heurte à l'affairisme de la communication qui laisse supposer qu'il faut toujours tout remplir, tout dire, tout comprendre, le plus vite possible et sans trop d'efforts. Mais pourtant, les tâtonnements (il y a toujours un bandeau), les explorations, les voyages, les remises en question, les doutes,...ne sont-ils pas des attitudes que nous connaissons tous ?" Le poème nous remet en mémoire ce que nous avons oublié.. ce que réellement nous sommes" ( Paz J.). C'est au lecteur de faire en sorte que cette parole ne soit pas perdue, surtout comme dans ce texte de Reverdy, où s'allient silence et secret pour conduire avec discrétion et précaution, le chuchotement des bruits.

    SECRET
    La cloche vide
    Les oiseaux morts
    Dans la maison où
    tout s'endort
    Neuf heures
    La terre se tient immobile
    On dirait que quelqu'un soupire
    Les arbres ont l'air de sourire
    L'eau tremble au bout de chaque feuille
    Un ,nuage traverse la nuit
    Devant la porte un homme chante
    La fenêtre s'ouvre sans bruit.

     
    Lorsque j'étais enseignant, lors des activités poétiques, je demandais à mes élèves d'apporter, dans le plus grand secret, un objet personnel pouvant illustrer le thème que nous avions en chantier. Sur le thème du silence, ce matin, qu'auriez-vous apporté ?
    J'avais droit aux photos de famille, photos de frères ou soeurs disparus, à la montre, au nounours, à la branche morte, aux cartes postales du désert ou de Verdun, à la boussole, au morceau de coton, à la feuille blanche, aux coquillages, à une chaise, aux livres, même une fois, à un poisson rouge dans son bocal, et plus près de nos rituels, ému, je recevais parfois des damiers, des bougies, des étoiles...


    Trois boules gantées sur horizon de briques.
    Une main les a posées là un soir équivoque
    Afin qu'elles témoignent de la sage disparité des choses.
    A cette heure un chariot sans bâche
    Les côtoie.
    De sa certitude déracinée monte un tremblement
    Qui est peut-être buée d'un autre âge.
    A cette heure de silence
    Au-delà de la seule voûte devinée
    Le pavé mosaïque ignore l'espace.
                                                                                                                        Jacques Imbert (Les abords du temps)


    3. Certains lieux de la poésie: la limite et la marge
     
    Le poète se situe souvent dans les limites, sur les lisières, dans les passages, ou la marge. Il cherche, il se cherche. La marge, c'est l'appel du blanc, l'appel du large. Le passage est étroit. La porte basse. Les limites, les bords du silence et les questions obsédantes des poètes : pou~ quoi et pour qui écrivons-nous? Guillevic dit dans un de ses textes :

    On est toujours au bord
    Même quand le bord n'est pas visible


    Et pourtant, ces lieux où le poète se situe, et même se retranche, sont aussi des espaces où l'on peut appréhender les choses, les apprivoiser, les dompter, ne serait-ce qu'à l'aide des mots. Nommer, c'est reconnaître et d'une certaine façon, posséder;
    ou recréer. Et pourtant, il ne faut pas trop dire, et c'est un équilibre délicat à trouver. Inviter, indiquer, suggérer, sans tuer l'imaginaire, en respectant la présence de l'Autre. "Nommer un objet, c'est supprimer les trois quarts de la jouissance, disait Mallarmé; le suggérer, voilà le rêve!".

    Ainsi donc, nous sommes
    Dans les marges des villes,
    Des chemins, des prés

    Dans les marges de J'air aussi.
    Dans les marges de tout espace.

    Dans les marges de la parole,
    De notre parole.

    Dans les marges des regards
    Venus sur nous, partis de nous.
                                                                                        Guillevic (Paroi)

     


    Un poème m'apparaît bien situer le poète et son texte dans notre univers.
    .

    La nuit est une grande cité endormie
    le vent souffle... Il est venu de loin jusqu'à
    l'asile de ce lit. C'est la minuit de juin.
    Tu dors, on m'a mené sur ces bords infinis,
    le vent secoue le noisetier. Vient cet appel
    qui se rapproche, et se retire, on jurerait
    une lueur fuyant à-travers bois, ou bien
    les ombres qui tournoient, dit-on, dans les enfers.
    (Cet appel dans la nuit d'été, combien de choses
    j'en pourrais dire, et de tes yeux...). Mais ce n'est que
    l'oiseau nommé l'effraie, qui nous appelle au fond
    de ces bois de banlieue. Et déjà notre odeur
    est celle de la pourriture au petit jour;
    déjà sous notre peau si chaude perce l'os,
    tandis que sombrent les étoiles au coin des rues.
                                                                                                                     Philippe Jaccottet, (Poésie)
    Ce poème du passage, passage de la nuit au jour -  "ttandis que sombrent les étoiles" -, du solstice d'été - "la minuit de juin" -, poème de la séparation, de la déchirure du silence par le cri, conduit le poète sur l'autre versant, à l'orée d'un nouveau monde, et c'est par une véritable initiation, passage de l'ombre à la lumière, de la mort à la vie, guidé par "l'appel", qu'il fait oeuvre poétique.

    4. Fraternité de la parole

    Je veux terminer sur la fraternité de la parole. Bien des chapitres, aujourd'hui, ont été omis: le symbolisme, la recherche des origines, les mythes, le sacré, les voyages, l'amour, la poésie contre la mort, poésie et connaissance,...Bien des
    poètes ont été un moment oubliés et j'aurais voulu vous parler avec Hugo, Baudelaire, Char, Cadou, Desnos,... Mais, peut-être, ces lignes ne sont-elles qu'un appel pour un futur approfondissement ou une réflexion différente sur ce sujet. Il y aurait aussi nécessité de s'attarder longuement sur la présence de la poésie dans nos rituels et son rô1e dans nos Tenues, rô1e effacé, rô1e oublié, et pourtant irremplaçable.

    Fraternité de la parole. Notre démarche pour rencontrer le silence n'est pas en contradiction avec cette volonté de faire circuler la parole... L'accueil de l'autre, la volonté du partage et de reconnais
    sance, le soin communément désiré, de communiquer sur les choses essentielles qui fondent notre pain quotidien: la dignité de l'homme, sa capacité de résistance, son attachement à la liberté, à toutes les libertés...

    Un texte retrouve, pour mol. et ce qu'est notre présence en loge., dans notre regard sur les mythes, le travail permanent du "s'initiant", les nécessaires contraintes de la maturation, et ce qu'est. notre présence au monde, dans notre volonté d'assumer notre liberté et notre responsabilité. Mais, en parler, n'est-ce pas déjà briser la force de ces mots?


    LE FEU DU DEDANS
    Interroge
    Pénètre la Terre

    Écorce Glacis sur l'écran nocturne
    Magma percé d'ondes Battements Fureur Métal

    Veines à nu Corps en travail

    * * *
     
    Interroge
    Traduis

    Traduis en langage intime
    Traduis à mots ouverts
    Ce fond des fonds qui sécrète la pierre d'angle

    Ce noyau où persiste la cible
    Ce grain sans résidu
    * * *
    Interroge
    Relie

    L'Homme à ses montagnes
    fleurs géantes aux troncs solaires
    s'étreignant dans la fournaise abrupte
    L'Homme à ses continents

    radeaux doublés d'espace
    greffés sur la simple racine

    L'Homme aux hommes

    annexés tant qu'ils sont
    à la mort
    * * *

    Interroge la Terre
    Interroge-toi

    Les sursauts de la braise

    Le mouvement qui nous attelle
    aux flammes
    à l'onde
    à nulle part
    à partout
    * * *

    Interroge l'Image
    écho intarissable

    L'incision des sols
    Les cadences qui mobilisent
    Le souffle qui surprend distance ou bouscule le temps

    Ce souffle à gorge d'oiseau
    à ventre de lumière
    qui transperce nos écrans
    * * *

    Interromps Fais silence
    Apaise en toi ce toi

    Avec ses dehors
    ses allées ses venues

    Tissant
    on ne sait quel sommeil

    Égarant
    en reflet en replis
    en façades

    Ton chiffre
    * * *

    Traduis
    Pénètre toujours
    Gagne le centre

    Affronte ces cratères ces crevasses
    ces morsures de la lave
    Sonde traverse
    ces violences démantelées

    Vis l'éclat
    qui consume qui renaît

    Vis ce qui a nom de feu
    de sables et d'étincelle

    qui a nom d'insomnie
    d'absence et d'avenirs
    * * *

    Écoute

    En deçà des mots en chaîne
    des paroles empaillées
    des brindilles de l'heure
    du cirque de nos ombres
    des larmes bues à pleine bouche
    des refuges qui séparent

    Écoute
    la turbulence
    de l'arbre bâillonné

    * * *

    En chacun partout
    Reconnais

    le grain
    la pierre première
    le cri de l'être
    l'inflexible lueur

    Et chante!
    * * *

    Chante :

    " Longue vie à l'Homme

    Homme-forêt
    Homme-cité
    charriant l'astre et l'outil

    Oeil de la terre
    Tête sonore
    Alphabet sur l'infini

    Longue vie et salut!

    A l'Homme debout en lui-même
    A l'Homme veillant aux carrefours. "
                                                                                                                    Andrée Chédid. (Fraternité de la parole)




    les résonances de la poésie sont multiples et rien ne sera jamais définitif. S'il s'agissait de présences, on dirait qu'elles sont discrètes, éphémères, impatientes, s'il s'agissait de mémoires, on parlerait d'enfances et de jardins, d'argile et de silence ; s'il s'agissait de lendemains, on voudrait dire vigilance, partage, lumière et dignité..
     

    Pierre PIOVÉSAN, 33"

     
    BIBLIOGRAPHIE:


    CHEDID Andrée. Fraternité de la parole. Flammarion, 1976
    GUillEVIC Eugène. Paroi. Gallimard, 1970
    IMBERT Jacques.
        Les abords du temps. Saint-Germain-des-Prés, 1980
        Anthologie des poètes français. Saint-Germain-des-Prés,1985
    JACCOTTET Philippe.
        Poésie, 7946-7967. Poésie/Gallimard, 1971
        L'Effraie et autres poésies. Gallimard, 1954
    REVERDY Pierre.
        Cette émotion appelée poésie. Flammarion, 1974
        Plupart du temps. Gallimard, 1918
    ROUSSElOT Jean. Maille à partir. Seghers, 1961.
        Où puisse encore tomber la pluie. Belfond, 1982
    VINCENSINI Paul. Toujours & Jamais. Culture et Pédagogie. Grignan, 1982

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