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La Franc-Maçonnerie
dans
les colonies
 
 
L'aventure de la FRANC-MAÇONNERIE a suivi celle de la France coloniale : à l'heure de l'expansion, au-delà des frontières de la métropole, s'est constitué un véritable maillage de loges - autrement dit des « réseaux coloniaux » - et implantée la pensée maçonnique que certains observateurs se sont complu à nommer la «magie des Blancs». Une expression révélatrice des relations entre les colons francs-maçons et les autres colons d'une part, entre les francs-maçons et les autochtones d'autre part. Relations faites de prises de position non monolithiques au sein de la franc-maçonnerie et en évolution dans le temps.
 
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C'est sous le règne de Louis XV (1715-1774) qu'apparaissent les premières loges aux colonies, plus précisément aux Antilles. De façon très précoce, d'ailleurs, puisque la première loge allume ses feux en Martinique dès 1738. Avant  1789 on compte 53 loges dans les îles de St Domingue, Guadeloupe, Martinique, Guyane, Marie-Galante, St Vincent et Ste Lucie.
 
La Maçonnerie des Antilles connaît, sous le règne de Louis XVI, son apogée. Complètent le dispositif maçonnique aux colonies : l'île de France (île Maurice) avec sa première loge en 1765, l'île Bourbon (La Réunion) en 1775, le Sénégal en 1781, Pondichéry en 1786.
 
Au total, un réseau essentiellement tropical et marin qui traduit la réalité économique du moment : d'une part la production de canne à sucre, tabac et indigo avec pour main-d'œuvre les esclaves ; d'autre part, l'organisation du « commerce triangulaire » entre Europe, Afrique et Antilles.
 
Ainsi, les loges sont essentiellement fréquentées par des « Grands Blancs » bénéficiaires du système : propriétaires de plantations, représentants de la Compagnie des Indes, négociants importants, militaires gradés et fonctionnaires proches du gouverneur.
 
Pour eux, les ateliers maçonniques suppléent, en partie, à l'absence des salons et académies que la société du XVIIIè siècle apprécie. C'est un regroupement de Grands Blancs - dans un rapport démographique ultra minoritaire par rapport à la population noire, le plus souvent esclave - qui récusent même l'admission des « Petits Blancs » et des mulâtres au point que le Chevalier de Saint George est une exception. Appartenance attestée par le compte rendu de la loge "St Jean du Contrat Social" de sa tenue du 13 décembre 1780. Affilié à la loge "Les Neufs Sœurs", le frère Chevalier de Saint George se présente à cette tenue muni de ses décors au grade de trentième, ce qui laisse supposer une certaine ancienneté dans la Franc-Maçonnerie.
 
Le relais avec la Métropole, en particulier avec les loges des ports de l'Atlantique et Marseille, est assuré par des francs-maçons itinérants, car les voyages sont fréquents, et par les frères officiers de marine.
 
D'une façon générale, les ateliers deviennent des « lieux de fraternité » qui évitent aux « pérégrins » un isolement mal vécu. En fait, pour ces hommes du « siècle des Lumières », les rituels gardent tout leur charme. Ceci explique l'intérêt porté, entre autres,  au rite de Perfection - à vingt cinq grades - proposé par Stephen Morin et que son titre de Grand Inspecteur de la Grande Loge de France autorise à installer, vers 1762, à Port au Prince, sa loge « La Parfaite Harmonie ». Quand il quitte St Domingue pour la Jamaïque, vers 1765 : « La Parfaite Harmonie » est transférée.
 
Son rite devait s'éteindre peu après sa mort, à Kingston en 1771, non sans avoir ouvert la voie au rite Écossais Ancien Accepté, aujourd'hui florissant dans le monde entier avec ses trente trois grades.
 
Ά l'occasion, ces rituels, vus de l'extérieur, ont pu alimenter les fantasmes et les rumeurs de « magie », que l'on prête à la population animiste noire. Ce qui reste à vérifier.
 
Dans ce contexte, quel est le « message » délivré par les francs-maçons ? Dans les loges coloniales, la principale ligne de partage ne concerne que la possibilité, ou non, d'une plus large autonomie des colonies à l'égard de la métropole.
 
Les objections à l'esclavage sont le fait d'une minorité. En France, les esclavagistes ont les sympathies de francs-maçons négriers des ports de Rouen, Nantes, Le Havre, Bordeaux… tandis qu'à Paris,  les discussions opposent les Francs-Maçons de l'hôtel Massiac, favorables à l'esclavage, à ceux de la Société des Amis des Noirs où se retrouvent en effet La Fayette, Mirabeau, St George parmi les plus notables.
 
Dans les colonies, c'est à St Domingue que la problématique coloniale atteint son point culminant et mènera parfois à des situations individuelles dramatiques au moment de la Révolution : le frère Robert Coëls, agronome éminent et auteur d'un mémoire sur l'esclavage, est arrêté sur l'ordre du frère Polverel, commissaire de la République pour St Domingue, il meurt en prison. Ces tensions aboutiront à l'Indépendance de St Domingue et aux premières initiations de noirs parmi lesquelles celle du futur général Haïtien Guy Joseph Bonnet. Au même moment, dans les îles environnantes, une large diaspora se développe vers les États-unis où les "émigrés" français vont créer des loges à Trinidad, à Cuba, à la Nouvelle-Orléans, New York, Philadelphie, Baltimore. Il est intéressant de rappeler que l'un des Francs-Maçons participant à la diaspora des Antilles, et représentatif de ce monde cosmopolite où l'interaction des rituels était vive, est le F\ Alexandre F. A. de Grasse de Tilly. Celui-là même qui ramènera en Europe le rite Écossais Ancien Accepté. Car Sous le Consulat et pendant tout l'Empire, dans un réseau de loges coloniales très restreint, la prudence des frères et l'éloignement favorisent certainement l'intérêt porté aux rituels et symboles.
 
En 1815, au moment de la Restauration, ne subsiste du premier domaine colonial qu'un ensemble réduit, morcelé épars et d'un intérêt économique devenu médiocre. Le tableau des loges coloniales est à l'unisson. Pour toute activité, les francs-maçons se contentent d'actes de bienfaisance et d'études philosophiques. Le Baron Roger, Gouverneur à St Louis du Sénégal, Franc-Maçon sensible aux idées anti-esclavagistes, devient l'initiateur de la formation des premiers éléments d'une élite africaine moderne en créant, avec la Révérende Mère Jahouvey, des écoles à St Louis, Gorée et Daganat.
 
Ά partir de 1830, la France se lance en Algérie dans la conquête de nouvelles terres. Où la Franc-Maçonnerie s'implante immédiatement, amorçant son renouveau dans le domaine colonial et plus précisément son implantation en Afrique. Dès 1831, une première loge militaire s'installe à Alger conquise l'année précédente. Suivent des loges civiles, d'abord sur la côte puis vers l'intérieur. Vingt ans plus tard, l'Algérie compte le chiffre appréciable de 850 maçons, en activité dans les loges réparties sur l'ensemble du territoire. Les militaires, largement majoritaires durant les années initiales, s'effacent sous l’effet de la circulaire Soult du 5 juillet 1845 qui interdit l’entrée des militaires dans toute association et par voie de conséquence dans la Franc-Maçonnerie. 1845, en tout état de cause, marque la fin d’une relation très forte entre l’armée d’Algérie et la Franc-Maçonnerie. Dorénavant les civils l'emportent, sélectionnés selon des critères financiers, car faire vivre une loge coûte cher,  et selon des critères d'instruction, car la Franc-Maçonnerie se veut élite sociale et culturelle de langue française.
 
L'image retenue de la franc-maçonnerie par la population européenne locale est celle d'une société de bienfaisance. Dans le même temps le souci des francs-maçons à l'égard des populations autochtones se renforce : les frères fondateurs estiment que la Maçonnerie pourrait servir à « amalgamer les Arabes, les Kabyles, les Turks, les Juifs  et les chrétiens, c'est à dire les vainqueurs et les vaincus », comme le déclare le frère H. de Brivazac. L'assimilation est « le seul but légitime de la conquête » : le premier arabe est initié en 1839 et, pendant cette période, une quarantaine de musulmans le sont à leur tour. L'initiation, en 1864, de l'Emir Abd el Kader est à la mesure de cette aspiration d'un rapprochement souhaitable entre les communautés et aussi de l'admission de musulmans dans les loges. Mais si les idées maçonniques ne rebutent pas des musulmans ayant appris le français, les populations arabes ignorent, d'une façon générale, jusqu'à l'existence de la Franc-Maçonnerie.
 
Quant à la question de l'esclavage, Victor Schoelcher <<, animateur de la Société pour l'abolition de l'esclavage, donne la juste mesure des aspirations de bon nombre de Maçons contemporains, représentatifs d'un courant de pensée devenu progressivement majoritaire dans la franc-maçonnerie. En avril 1848, sous secrétaire dans le gouvernement provisoire de la IIe République, il fait adopter le décret de l'abolition.
 
Sous le Second Empire, Napoléon III amorce en 1861 un rapprochement avec les libéraux, donc avec la franc-maçonnerie, pour compenser le mécontentement des catholiques ultra à propos de l'engagement militaire français en Italie. Reçu par la loge d'Oran, en 1865, il  se complait à « constater l'utilité de la Franc-Maçonnerie dans un pays dont les habitants professent tant de religions diverses ».
 
Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, sous le Second Empire et la IIIe République, la diffusion de la Maçonnerie suit, voire même précède les conquêtes coloniales. A partir de l'Algérie, le réseau des loges s'étend vers le Maroc et la Tunisie, avant même l'occupation militaire de ces nouveaux territoires. Plus loin, le Pacifique entre à son tour dans le champ d'expansion maçonnique : Tahiti en 1851, la Nouvelle-Calédonie en 1868, l'Indochine la même année.
 
Cependant, cette progression maçonnique se heurte à un adversaire de taille : l'Église catholique. Alors que, dans les années 1830 encore, les relations avec les autorités ecclésiastiques étaient bonnes, les francs-maçons restant attachés majoritairement à un esprit religieux, à la fin du XIXe siècle le courant anti-clérical s'affirme dans les loges.
 
En 1877, le Grand Orient de France élimine, au nom de la liberté de conscience, l'obligation de la croyance en Dieu. Et si la Grande Loge de France la conserve, les Frères des deux obédiences se rejoignent souvent dans la défense de la laïcité face au cléricalisme. Dans toutes les colonies, la loge est vécue comme un poste avancé de républicains laïques en terre de mission face aux représentants du catholicisme et, accessoirement, du protestantisme.
 
Le Vatican - qui très tôt a « diabolisé » la Franc-Maçonnerie - accentue ses attaques. Dans les colonies, l'Église va alimenter la croyance de "magie des Blancs" au sein de populations qui viennent au christianisme en conservant souvent un fonds d'animisme.
 
Durablement, les temples maçonniques vont être vécus par les autochtones, et par certains européens croyants, comme des lieux de perdition satanique. Le recrutement les loges dans les élites locales, formées dans les écoles des missions religieuses, s'en ressent.
 
L'avènement de la IIIe République en 1870 renforce les liens entre République, Maçonnerie et colonisation. Il revient au franc-maçon Jules Ferry  de faire accepter au pays l'édification d'un empire colonial. Pour lui, et pour les frères qui le suivent, les Européens ont « le devoir de civiliser les races inférieures », position que partagent bien sûr les francs-maçons coloniaux. L'explorateur Savorgnan de Brazza - qui appartient à Paris à la même loge « Alsace-Lorraine » que Jules Ferry – est exemplaire de cette sorte de « colonialisme humaniste » qu'il tente de mettre en œuvre au Congo. Avec lui l'image du conquérant s'efface devant celle du libérateur, quand il déclare aux esclaves africains qu'il vient de libérer : « Partout où flotte ce pavillon, les esclaves retrouvent leur liberté », en leur faisant toucher les plis du drapeau tricolore.
 
L'impulsion donnée par Jules Ferry se prolonge jusqu'à la Première guerre Mondiale : la France étend son emprise, que ce soit dans l'océan Indien ou en Afrique occidentale et équatoriale. La présence de fonctionnaires français se développe et facilite l'ouverture de loges : à Madagascar en 1900, au Gabon en 1904, au Congo en 1906, au Dahomey (actuel Bénin) en 1907, en Guinée en 1908, au Soudan en 1908, à Djibouti en 1911. Puis, durant l'entre-deux-guerres, en Côte d'Ivoire en 1930, au Cameroun en 1933, tandis qu'elles se confortent au Maroc, au Liban, en Syrie. Ce sont à la fois des « asiles de fraternité » pour les expatriés et des postes avancés de la République laïque.
 
Car, sur le terrain, les loges - que ce soit du GODF, de la GLDF ou du DH - se mêlent de plus en plus à la vie de la cité, aux luttes politiques. Leur rayonnement dépend beaucoup des individualités  et des conditions locales ; mais, partout tous les frères, intervenant dans le champ politique, sont fortement attachés à la République et à la laïcité. Et, partout,  leurs relations avec les Gouverneurs, même Maçons, sont fonction de la prise en compte par ces derniers de cette perspective dans la politique suivie.
 
Parallèlement, les loges en viennent à structurer  leurs moyens d'intervention auprès des obédiences à Paris. A partir de 1894 - l'année même où le gouvernement se donne pour la première fois un ministère des colonies en la personne du frère Delcassé - les congrès régionaux de l'Afrique du Nord deviennent des articulations importantes entre les loges et les Convents. Les loges cherchent par ce biais à faire prendre en compte la dimension coloniale au sein de la Franc-Maçonnerie. Dans toutes les colonies - océan Indien, océan Pacifique, Indochine, Antilles, Guyane - elles tentent de reproduire ce schéma, avec plus ou moins de succès.
 
Les congrès des loges coloniales vont trouver leur  place dans les calendriers et les organigrammes maçonniques après 1918. Tout se passe comme si, en face de la « Sacrée Congrégation pour la Propagation de la Foi », véritable ministère des missions apostoliques, la Franc-Maçonnerie se mettait en ordre de bataille pour défendre une politique d'accompagnement en matière coloniale, dans le sens qu'elle souhaitait
 
La question se pose de savoir si les propositions des loges coloniales, ainsi renforcées au sein des obédiences, ont eu des chances d'être prises en considération sur la plan politique. Il est difficile de préciser ce qui l'en est réellement.
 
On peut simplement noter que dans le monde profane de nombreux Francs-Maçons, après Jules Ferry, sont en charge du dossier des colonies - en précisant bien que « le Maçon est libre dans une loge libre », donc libre de son action dans le cadre de ses fonctions politiques ou administratives. Certains  se font remarquer par leur action personnelle, à l'exemple d'Eugène Etienne, avant la Première Guerre Mondiale, journaliste de talent, homme politique écouté, qui se fait l'animateur de comités consacrés à la défense du mouvement colonial, ou de Gratien Candace qui prolonge cette action après la guerre en  fondant l'Institut Colonial Français.
 
L'assimilation de « l'indigène » est l'objectif retenu par la majorité des loges, soucieuses de servir un idéal de civilisation occidentale humaniste. La Franc-Maçonnerie se préoccupe des progrès de la médicalisation dans les territoires, de la scolarisation laïque, de la justice, de l'application des lois sociales, de la solidarité, de la liberté (d'opinion, de presse et d'association), de l'essor économique et technique. Autant d'éléments indispensables à l'assimilation.
 
Certains francs-maçons vont plus loin, comme Blaise Diagne qui demande pour les autochtones la citoyenneté dans les « vieilles colonies » que sont le Sénégal, les Antilles et la Réunion. Cette approche s'accompagne de l'intérêt porté par les Maçons pour le système de l'association des autres colonies, dont Sarrault se fait l'avocat. Mais en tout état de cause il ne s'agit à aucun moment d'indépendance. D'ailleurs, en 1930, toute une série de manifestations participent de la colonisation glorifiée <<. L'église et la Franc-Maçonnerie n'échappent pas à ce mouvement d'enthousiasme : d'une part le Congrès des loges d'Afrique du Nord à Alger avec la participation des Grands Maîtres des obédiences concernées, d'autre part le XXX° Congrès Eucharistique à Carthage et la statue du cardinal Lavigerie à Tunis.
 
Le projet assimilationniste semble aboutir, en 1936, quand le frère Maurice Viollette, chargé de l'Algérie dans le gouvernement du Front Populaire de Léon Blum, propose l'extension de la citoyenneté à 25 000 Français musulmans (diplômés, gradés de l'armée, fonctionnaires)2. L'abandon de ce projet de compromis, car à la fois limité mais porteur de progressivité, va condamner définitivement, aux yeux des musulmans, la politique d'assimilation de la France, dans la mesure où la « citoyenneté dans le statut » était devenue leur espoir. Cet échec sera lourd de lendemains difficiles : la voie est ouverte à l'affrontement avec les Nationalistes. Ici comme dans toutes les colonies où le mot Indépendance va avoir une résonance grandissante dans les populations autochtones, en provoquant une appréhension croissante chez les Européens, Maçons ou non-Maçons.
 
Surtout, la Franc-Maçonnerie coloniale sort amoindrie de la Seconde Guerre Mondiale. Les loges ne retrouvent pas, en 1945, leur importance d'avant le conflit. Dans l'ensemble des colonies, de 1939 à 1954, le GODF est passé de 67 loges à 32 et la GLDF de 36 loges à 14. La relance a été lente : de nombreuses loges ne relèvent pas leurs colonnes, celles qui réouvrent le font avec un souci de sélection exigeant en ce qui concerne le comportement de chacun pendant le conflit.
 
Le contexte a évolué : les Nationalistes se font entendre - surtout en Indochine et en Afrique du Nord - et la conférence de Brazzaville << (qui à l'instigation de De Gaulle, rassemble en janvier 1944 gouverneurs des colonies françaises et administrateurs du Maghreb) projette une solution fédérale privilégiant l'association. Conception soutenue par le Maçon Félix Éboué <<, gouverneur de l'Afrique Équatoriale française , l'un des principaux artisans de la conférence.
 
Les obédiences mettent le sujet de « l'Union Française » à l'ordre du jour de leurs convents respectifs et les réponses sont de type fédéraliste. La question est dorénavant, pour la Franc-Maçonnerie, d'avoir ou non des Annamites, des Africains, des Arabes en nombre parmi les maçons fréquentant les ateliers.
 
Mais cette volonté de faire des émules dans les milieux autochtones est un échec. La laïcité est ressentie comme anti-religieuse et le refus du dogmatisme comme une attitude athée. L'image propagée, pendant des décennies par les adversaires de la Franc-Maçonnerie, a laissé des traces. Échec préoccupant pour les francs-maçons qui mettaient un espoir sincère dans la réalisation de l'Union Française <<  avec la participation de loges composées de citoyens autochtones.
 
Par la négociation ou la guerre, le grand rêve de l'Union française - devenue entre temps la Communauté française << - est définitivement balayé au début des années 1960. L'Indochine obtient l'indépendance en 1954, le Maroc et la Tunisie en 1956, les colonies africaines en 1960, l'Algérie en 1962.
 
L'année 1960 marque à ce titre un tournant dans l'histoire des obédiences françaises présentes sur le terrain. Il y a passage obligé de ce qui a été la Franc-Maçonnerie française en Afrique et Madagascar à des structures qui sont celles d'une Franc-Maçonnerie Africaine et Malgache. La question posée est celle de la création, à partir des loges en place, d'obédiences nationales acceptant les rituels et les symboles légués par les Européens, dans un souci d'universalisme .
 
Georges   Odo
 
Article publié dans "L'histoire" n° 256 de 2001
 
 
Bibliographie (restreinte)
 
- Combes A.  "Les trois siècles de la Franc-Maçonnerie Française" Edimaf 1987
- Girardet R. "L'idée coloniale en France" Hachette 1995
- Ligou D.  "Dictionnaire universel de la Franc-Maçonnerie" Navarre 1974
- Yacono X. "Un siècle de Franc-Maçonnerie algérienne" Maisonneuve 1969
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@ Répertoire biographique des Francs-Maçons célèbres
@ Répertoire biographique des Francs-Maçons dans les colonies et territoires outre-mer
@ Bibliographie maçonnique succincte
ANNEXE : Carte d'Afrique (Réactive)
O.G.
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